1150ème anniversaire d’Al-Farabi

1150ème anniversaire d’Al-Farabi

Cette année, le Kazakhstan et l'ensemble de la communauté internationale commémorent le 1150ème anniversaire de la naissance d'Abu Nasr Al-Farabi, grand philosophe et érudit de l’Orient médiéval.

Par une résolution de la 40ème Conférence générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, il a été inscrit sur la Liste des anniversaires de l'UNESCO en 2020, sur une proposition conjointe de la République du Kazakhstan et de la République islamique d'Iran, soutenue par la République d'Iraq, la Fédération de Russie et de la République de Turquie.

Représentant éminent de la philosophie médiévale du monde musulman, Abu Nasr al-Farabi est né dans la ville de Farab, également connue sous le nom d'Otyrar, située dans la zone de confluence des fleuves Syr-Darya et Arys, dans le Kazakhstan actuel.

À cette époque, Otyrar était un centre administratif, commercial et culturel où se croisaient les caravanes de la Route de la Soie qui reliaient l'Asie orientale et la Méditerranée.

Selon des biographes, à la fleur de sa jeunesse, al-Farabi a étudié à Boukhara et à Merv – centres importants régionaux de l’éducation et de la culture de son époque. Dans sa quête de nouvelles connaissances, il a parcouru des milliers de kilomètres à travers l'Asie centrale, l'Iran et les pays arabes.

À l'âge adulte, al-Farabi a vécu pendant de nombreuses années à Bagdad et au Caire, qui, à l'époque, étaient considérés comme les principales capitales du monde musulman. Les dernières années de sa vie, il a passé à Damas, où il s’est éteint, en 950 de notre ère, à l’âge de 80 ans.

Al-Farabi a eu l'occasion d'étudier les écrits d'Aristote, de Platon et d'autres philosophes anciens grecs et orientaux. Ses nombreux commentaires sur leurs œuvres lui ont valu une reconnaissance en tant qu’une figure majeure de la branche islamique de l'école de pensée péripatéticienne et la réputation du «Second précepteur» (le premier n’étant autre qu’Aristote).

Al-Farabi a laissé derrière lui un énorme patrimoine scientifique, comprenant environ 200 ouvrages embrassant des branches de connaissances diverses et variées. Ses commentaires des «Catégories», de l’«Herméneutique», des «Thèmes», de l’«Analytique» (1ère et 2ème parties), des «Réfutations sophistiques», de la «Rhétorique», de l’«Organon» et de la «Poétique» d’Aristote, ainsi que sur «Isagogè» de Porphyre et d'autres travaux de divers philosophes anciens.

Parmi les œuvres originales d’Al-Farabi les plus connues figurent le «Traité des opinions des habitants de la cité vertueuse», l’«Introduction à la logique», la «Classification des sciences» et le «Grand traité de la musique».

Dans l'Europe médiévale, les œuvres d'al-Farabi ont été traduites en latin et en hébreu depuis au moins le XIIIe siècle, et les études les plus approfondies de son patrimoine intellectuel sont entreprises depuis le XIXe siècle.

Le nom d'al-Farabi s’est durablement inscrit dans l'histoire de la science et de la culture de l’humanité. Certains chercheurs partagent l’avis que ses idées originales et commentaires précieux des ouvrages des philosophes grecs ont contribué à la création en Europe des bases intellectuelles aux débuts de la Renaissance et ont servi de maillon majeur reliant les civilisations orientales et occidentales, ainsi que la pensée islamique à la philosophie grecque, chrétienne et judéenne.