Discours du Président de la République du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, à la réunion finale de la Commission d'Etat sur l'état d'urgence

Discours  du Président de la République du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, à la réunion finale de la Commission d'Etat sur l'état d'urgence

Chers participants à la réunion,

 

Les deux derniers mois n'ont pas été faciles pour notre pays. La crise n'est pas encore surmontée. Cependant, le pic de l'épidémie est franchi.

La Commission étatique chargée d’assurer l’état d'urgence a réalisé un travail d’envergure. Près de 500 décisions visant à protéger la santé des Kazakhstanais, à soutenir leurs revenus et entreprises ont été prises et mises en œuvre.

Désormais, la Commission étatique chargée d’assurer l’état d'urgence se transforme en la Commission d'État pour la restauration de la croissance économique.

Aujourd'hui, l'état d'urgence a pris fin à l’échelle nationale.

Toutefois, dans certaines régions, la situation épidémique demeure tendue. L'épidémie de coronavirus n'est pas complètement éliminée. La pandémie menace toujours la santé de nos citoyens.

C'est pourquoi la levée des restrictions de quarantaine aura lieu au fur et à mesure en fonction de l’amélioration de la situation dans chacune d’entre elles.

Néanmoins, des activités dans de nombreux secteurs reprennent. Plus de 1,1 million de Kazakhstanais reviennent au travail.

À partir d'aujourd'hui, dans tout le pays, de nombreux magasins, salons de beauté, centres éducatifs et d'autres commerces rouvriront. Des parcs et squares seront ouverts.

Le transport aérien de passagers se rétablit. À ce jour, les aéroports de six villes sont déjà ouverts et sept autres vont s’ajouter à ce nombre.

De nombreuses restrictions ont été levées, mais il faut absolument continuer à respecter strictement et au quotidien les mesures de précaution.

Le gouvernement doit élaborer et mettre en œuvre de nouvelles règles sanitaires.

Les petites, moyennes et grandes entreprises sont tenues à fonctionner conformément aux nouvelles recommandations.

La distanciation sociale et le port de masques dans les lieux publics doivent devenir une norme.

Les restrictions de déplacement entre les régions restent maintenues.

Les transports en commun circuleront à moitié de leur charge la normale. Le port du masque sera obligatoire pour les passagers.

Les sorties collectives seront autorisées en groupe de 3 personnes au maximum.

50% des fonctionnaires continueront de travailler à distance.

Les dirigeants d’entreprises privées doivent de manière indépendante définir la quantité d’effectifs dont la présence aux postes de travail est nécessaire.

Un nombre le plus grand possible de gens doivent continuer à rester chez eux. Cela est lié, avant tout, à la sécurité des citoyens.

Une distanciation sociale et un régime sanitaire strict doivent être respectés sur les lieux de travail.

Il existe un risque d’une seconde vague du virus. C’est pourquoi, notre bien-être continu dépend toujours du degré de notre responsabilité.

Le gouvernement rédigera un plan d’action d'urgence graduel en cas d’une nouvelle vague de l'épidémie.

Comme vous le savez, sur mes instructions, deux séries de mesures anticrise sont en cours d’application.

Plus de 4,5 millions de Kazakhstanais bénéficient de l’aide à la hauteur de 42 500 tengués.

Plus d'un million de personnes reçoivent des coffrets contenant des produits alimentaires et des articles ménagers.

Les charges communales sont réduites.

Les citoyens les plus démunis recevront une aide financière supplémentaire.

Près de deux millions d'emprunteurs ont bénéficié d'un crédit différé.

Des fonds importants ont été alloués pour des crédits abordables, des travaux saisonniers des champs, la création et la préservation d'emplois.

La diminution de la charge fiscale pour plus de 700 000 entreprises et entrepreneurs leur permettra d'économiser environ 1000 milliards de tengués.

Il faut reconnaître que le travail n'a pas toujours été effectué sans heurts et qu'il y a eu quelques manquements.

La propagation rapide de la pandémie a eu un impact négatif sur la situation économique. À cet égard, nous avons pris un certain nombre de mesures rapides et opportunes.

De nombreuses questions ont été résolues avec la participation active de la société civile kazakhstanaise. Et ce fut une étape importante dans la transition vers le concept de « l’État qui entend ».

La pandémie de coronavirus a provoqué le début de la récession mondiale. Apparemment, cela peut conduire à une crise économique prolongée.

Le renforcement du protectionnisme a lieu partout.

Des industries entières se sont effondrées. Plus de 400 millions d'entreprises se sont retrouvées au bord de la faillite.

Presqu’une moitié de la population mondiale en âge de travailler a connu une baisse de revenus.

En général, les experts prédisent le plus grand déclin de l'économie mondiale depuis un siècle.

Dans ces circonstances, le Kazakhstan a un certain nombre d'avantages évidents.

Nous avons cumulé des réserves financières suffisantes, et le niveau de la dette publique est acceptable.

L’essentiel est que nous comprenons clairement où orienter nos ressources pour garantir l'emploi et l'efficacité économique dans cette nouvelle réalité.

Parlant de nos priorités dans les conditions de crise et de développement post-crise, je souhaite définir un ordre suivant.

Tout d'abord, il s’agit de la protection de la vie et de la santé de tous les citoyens ; de l’augmentation de leurs revenus ; du soutien aux entreprises ; de l’amélioration du système d'enseignement et des recherches.

Voici les tâches les plus urgentes que nous allons devoir résoudre :

 

  1. Le renforcement de l'autosuffisance de l'économie kazakhstanaise.

 

Pour y parvenir, il faut augmenter le niveau de transformation dans le secteur manufacturier sur la base substantielle de matières premières existante.

Il nous faudra revoir la structure future de l'économie kazakhstanaise et définir le rôle de chacun de ses principaux secteurs : industriel, énergétique, agricole, de services.

En d'autres termes, il est urgent de créer une nouvelle structure économique.

Il est évident que des réformes importantes seront nécessaires dans le secteur de l'énergie. Après la crise, il ne sera plus le même. À moyen terme, une évolution vers l'énergie verte est un besoin impérieux.

Notre approche de l'industrialisation devra également être révisée : il est nécessaire d'identifier les opportunités réelles sur les marchés d'exportation et domestique, de définir des objectifs et des instruments réalisables et d'aller de l'avant.

L'utilisation compétente du dispositif des marchés publics et de l'approvisionnement du secteur parapublic doit être considérée comme un moyen de rétablir l'activité économique.

Une procédure spéciale de passation de marchés publics visant à soutenir les producteurs nationaux sera maintenue jusqu'en août prochain.

L'utilisation maximale de matériaux et d'équipements domestiques sera considérée comme une condition prioritaire pour le développement des entreprises.

Quant aux programmes d'infrastructure, il est nécessaire d'augmenter le niveau actuel de localisation de 40 à 60-70%.

L'évaluation des résultats du gouvernement, des gouverneurs et des maires, ainsi que des chefs d'entreprises du secteur quasi-public sera principalement basée sur cet indicateur.

La situation actuelle a clairement confirmé la vérité bien connue : la sécurité alimentaire est un élément clé de la sécurité de l'État dans son ensemble. Par conséquent, nous continuerons de fournir un soutien maximal aux agriculteurs.

En plus des achats à terme déjà en cours, les mécanismes de financement seront élargis par l'introduction de contrats financés sur la base des ventes futures et la restructuration de la dette des prêts du groupe KazAgro.

Au Kazakhstan, il existe environ 1,7 million de parcelles secondaires privées. Cependant, leurs produits ne sont pas officiellement vendus dans des points de vente au détail et ne vont pas aux entreprises de transformation. L'État n'en perçoit pas d'impôts ; les personnes employées dans ces exploitations ne bénéficient pour l'essentiel d'aucune protection sociale.

Je confie au gouvernement, en collaboration avec la Chambre nationale des entrepreneurs « Atameken », le lancement d'un projet pilote dans plusieurs régions sur le développement d'une chaîne de coopération à la campagne « du champ aux rayons des magasins ».

Il sera alors possible de commencer à étendre le projet et de développer un Programme à part entière d'ici le milieu de l'année 2021.

Pendant la mise en œuvre de ce programme, des microcrédits préférentiels seront appliqués à un taux de 6% par an par le biais de KazAgro en utilisant les instruments de garantie du Fonds Damou.

Il convient également de mettre en place un système d'achats et de commercialisation permanents, de lancer des formations et d'accroître les compétences agricoles des participants.

Tout cela permettra d'augmenter les revenus d'environ 2 millions d’habitants des zones rurales, de faire passer le taux d’utilisation des capacités de production des entreprises agricoles nationales de 53 à 70% et de réduire l'importation de produits alimentaires de base.

 

  1. Nous allouons environ 1000 milliards de tengués à la mise en œuvre du programme « Feuille de route pour l'emploi ».

 

C'est un montant important. Il peut également être utilisé pour les prêts aux entreprises. Cette somme devrait être placée sous le contrôle des autorités compétentes et utilisée de manière absolument ciblée.

Les projets financés en cette période difficile devraient, tout d'abord, créer de nouveaux emplois.

Il faut créer des actifs qui génèrent des revenus économiques à long terme ou développent notre capital humain. À cet égard, il est nécessaire de commencer la construction et la modernisation d'écoles, d'hôpitaux et d'autres installations.

Il est extrêmement important d'éviter les variations des coûts importantes entre les mêmes chantiers dans différentes régions. Malheureusement, nous sommes confrontés à ce problème assez souvent.

En fonction de la mise en œuvre des projets, une analyse de leur effet socio-économique sera réalisée.

 

  1. La construction de logements abordables devrait servir d’une forte incitation au développement économique, à la croissance de l'emploi et au soutien social.

 

Le programme «7-20-25» lancé par le premier Président du Kazakhstan a donné une forte impulsion aux prêts hypothécaires et à la construction de logements.

Pour résoudre les problèmes des gens inscrits sur la liste d'attente, je demande de lancer un nouveau projet sur l'offre de crédit logement «5-10-20». À ces fins, dans le cadre des fonds anti-crise, nous allouerons 390 milliards de tengués.

Cette année, un volume record de construction est prévu dans le pays. Il s’agit de 15 millions de mètres carrés ou 150 mille appartements et maisons.

Il est important de poursuivre le travail d’amélioration des conditions d’habitat de nos citoyens. En fait, c'est l'une des orientations stratégiques du gouvernement. Pour ce faire, il est nécessaire de moderniser la structure institutionnelle.

Avant la fin de l'année en cours, le gouvernement devra créer, sur la base de JSSBK (banque kazakhstanaise d’épargne pour la construction des logements), une institution de développement et de soutien à part entière - «Otbassy Bank» qui enregistrera, mettra en place et distribuera des logements de manière centralisée.

Une poursuite des transformations systémiques dans ce domaine sera l'utilisation par nos citoyens d'une partie de leur épargne retraite en vue d'améliorer les conditions d’habitat.

Auparavant, j'avais donné une telle instruction, mais à cause de l'état d'urgence, le processus de discussion a été retardé. Il est temps de prendre une décision. Le gouvernement doit définir ses approches d'ici le 1er juillet.

 

  1. Au nom de la justice sociale, il est temps de régler la question de l'introduction d'une échelle progressive de l'impôt sur le revenu des particuliers par rapport aux salaires et autres types de revenus.

 

Le sens de l'échelle progressive est que les citoyens à bas salaires paient moins que jusqu’à présent, et pour les travailleurs hautement rémunérés, le montant de l'impôt à payer augmentera.

Notre objectif principal est de faire sortir de « l'ombre » le segment inférieur non transparent de salaires qui s’avère plus massif. Si leur taux est réduit, il y aura moins d'incitation à payer des salaires gris.

Face à la baisse des revenus des ménages, il est important de continuer à surveiller l'état du marché du crédit à la consommation afin d'éviter une augmentation de l'endettement des citoyens.

L'agence de régulation des marchés financiers doit étudier la possibilité de réhabilitation des emprunteurs dont les prêts sont problématiques.

Il convient également revoir les approches de calcul des taux d'intérêt sur les prêts en fonction du type d'emprunteur et du type de produit.

Pour protéger les intérêts des citoyens, le contrôle des organismes de crédit non bancaires sera renforcé. L'octroi de licences pour les activités de microfinance sera introduit à partir de l'année prochaine.

Je souhaite m’attarder encore sur un autre aspect de notre politique sociale.

Une condition pour l’obtention d’un nouveau paiement social était le Paiement global unique. Plus de 40% de ses bénéficiaires sont des personnes qui ont d'abord payé le PGU.

Il s’agit bien des citoyens qui ont besoin d'une réelle assistance de la part de l'État. Ils doivent être impliqués autant que possible dans l'économie. On ne peut pas permettre que ces personnes retournent dans l'ombre ou qu’elles soient laissées seules face à leurs problèmes.

En effet, ce sont, avant tout, des travailleurs contribuables qui peuvent compter sur le soutien de la part de l'État, sur la protection sociale en cas de conditions défavorables et sur une retraite décente à l'avenir.

C'est donc précisément ces citoyens, ainsi que les chômeurs temporaires, qui doivent faire l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement, des gouverneurs et des maires.

Dans les conditions de l’économie de marché, toute personne peut perdre temporairement son emploi. À cet égard, le gouvernement doit simplifier au maximum l'inscription à la bourse du travail, réduire les procédures, le temps nécessaire pour obtenir le statut de chômeur et les avantages connexes.

 

  1. Soutien aux entreprises nationales.

 

Dans des conditions de chute de la demande, de baisse de la valeur marchande des actifs et des garanties, il est extrêmement important d'utiliser l'outil de garantie de prêt du Fonds « Damou ».

Les garanties du Fonds seront étendues aux prêts accordés dans le cadre du programme de prêts de fonds de roulement de la Banque nationale. Je rappelle que son volume est de 600 milliards de tengués et sera augmenté si nécessaire.

Pour accroître les prêts à l'économie, l'Agence de régulation et de développement des marchés financiers a pris des mesures pour affaiblir les normes prudentielles et réduire la pression sur la liquidité. Cela a permis de dégager environ 600 milliards de tengués dans le secteur bancaire, qui doivent être dirigés vers l'économie du pays.

Un ensemble supplémentaire de mesures prudentielles temporaires devrait être élaboré pour élargir les capacités des banques à prêter à l'économie.

Une attention particulière est requise pour les TPE et les petites entreprises. Leurs capacités à utiliser pleinement les produits bancaires standards sont très limitées.

À cet égard, je vous demande de prévoir des mesures spéciales pour les petites entreprises dans le cadre du programme « Feuille de route d'entreprenariat ». Le gouvernement et Atameken devraient déterminer le montant du financement pour ce domaine.

 

Une autre mesure de soutien aux entreprises sera l'élargissement de la liste des secteurs auxquelles les banques et autres organisations financières accordent des paiements différés sur les prêts. Cela devrait inclure le commerce, l’industrie de transformation, les transports et l'entreposage, l'hébergement et la restauration, l'information et les communications, l'éducation et la santé.

La création d'une économie diversifiée s’appuyant sur l’industrie de transformation demeure notre priorité.

Pour permettre la mise en œuvre des projets à long terme dans ce secteur, il est nécessaire d’assurer une capitalisation supplémentaire de la Banque de développement du Kazakhstan.

En outre, un Fonds de développement industriel peut être créé grâce aux réserves cumulés dans le cadre des obligations étendues des fabricants. Son travail sera axé sur l’octroi des prêts abordables aux entreprises manufacturières révolutionnaires à un taux ne dépassant pas 3%.

 

  1. Dans les conditions d’une concurrence accrue pour des investissements étrangers, il convient de passer à l’interaction directe avec chaque détenteur de capital.

 

Il faudra mettre en place des mesures de soutien individuelles pour chaque investisseur en fonction de la priorité et des effets potentiels sur l'économie dans son ensemble.

Dans le cadre de ce travail important, le Gouvernement doit assurer un régime de stabilité de tous les actes législatifs en matière de l'investissement pour les investisseurs stratégiques dans les secteurs prioritaires.

Il est nécessaire d'intensifier l'utilisation du potentiel du Centre financier international Astana (AIFC) en vue d’attirer des investissements et développer le marché boursier. Cela est particulièrement important à la lumière de la privatisation prochaine des actifs de l'État.

Il faudrait également garantir aux entrepreneurs kazakhstanais l’accès aux avantages de la Common Low et de l'arbitrage de l’AIFC en cas des litiges commerciaux.

Il est nécessaire de lancer le processus de transfert progressif des structures distinctes faisant partie des sociétés nationales des juridictions étrangères vers l’AIFC. Nous ne pourrons pas gagner la confiance des investisseurs étrangers si nos propres entreprises choisissent des juridictions étrangères.

Le Gouvernement, le Ministère des Affaires étrangères et les missions diplomatiques du Kazakhstan doivent intensifier la promotion du programme de l’AIFC pour la résidence fiscale des investisseurs.

L'administration de l'AIFC est en train d’élaborer une nouvelle stratégie jusqu'en 2025.

Dans les conditions actuelles difficiles, la confiance des investisseurs et des entreprises en la monnaie nationale et la politique monétaire joue un rôle clé. À cet égard, il est extrêmement important de réduire les attaques spéculatives contre la monnaie nationale. Cette tâche incombe à la Banque nationale et à l'Agence de régulation du marché financier.

 

  1. Malheureusement, tout comme le reste du monde, nous ne parvenons pas à sauver toutes les entreprises et tous les emplois, à assurer la stabilité de chaque entreprise.

 

Par conséquent, il est important, au niveau réglementaire, de reconnaître l’instauration de l'état d'urgence en tant qu’une circonstance de force majeure pour les secteurs de l'économie les plus touchés par l'introduction de l'état d'urgence.

Cela dit, lorsque des représentants d'entrepreneurs individuels et de petites entreprises saisissent le tribunal, l'état d'urgence doit être reconnu comme une circonstance de force majeure.

Aussi, est-il important, en cette période difficile, de soutenir la vie économique des entrepreneurs actifs, de protéger la propriété privée et la concurrence.

Afin de prévenir toute pression de la part de créanciers déloyaux, j'ordonne de suspendre le commencement de la procédure de mise en faillite à l’égard des personnes morales et des entrepreneurs individuels jusqu'au 1er octobre de l’année en cours.

En outre, à l’issue des crises précédentes, un volume important d'actifs non performants exclus du chiffre d'affaires économique s’est accumulé dans les bilans des banques.

Les structures bancaires doivent élaborer des plans explicites pour la vente d'actifs non performants, tout en renforçant le suivi et l'évaluation du personnel bancaire responsable.

L'Agence de régulation et de développement du marché financier, dans le cadre d'une surveillance basée sur les risques, doit renforcer le suivi et le contrôle des banques aux actifs stressants.

Une solution systémique consiste à créer un marché civilisé pour les actifs non performants. Un mécanisme simple et efficace de titrisation et d'assurance doit être créé.

 

***

Pour la mise en œuvre ces mesures et d'autres outils visant à soutenir les citoyens et à développer les affaires, un Plan global de rétablissement de la croissance économique est en cours d'élaboration. Ce plan sera approuvé prochainement. Les instances publiques sont tenues à élaborer scrupuleusement tous les mécanismes de sa mise en œuvre.

Il faut prévenir toute discréditation des mesures de soutien qui pourrait avoir lieu suite aux actions inappropriées. La façon dont nous surmontons la phase aigüe de la crise et la manière dont nous adapterons le pays et l'économie au développement futur en dépendent.

Nous voyons clairement que la crise a fondamentalement changé les conditions de l'économie mondiale et nationale. Les conditions modifiées, les facteurs et des transformations à venir doivent être pris en compte dans la nouvelle version du Plan de développement stratégique jusqu'en 2025.

Ce plan doit inclure des réformes institutionnelles et structurelles qui assureront une transformation profonde de l’économie et de l'administration publique.

 

Chers collègues !

 

La crise actuelle a montré au monde entier à quel point les questions du secteur social sont importantes, qu’il s’agisse de la médecine, de l’éducation ou de la protection sociale.

Nous avons besoin de transformations radicales visant à améliorer la qualité du système de soins de santé, à assurer une rénovation technologique complète des établissements médicaux et à perfectionner les compétences du personnel médical.

L’adaptation du système à une réaction rapide aux situations d’urgence de toute nature s’avère nécessaire.

Des approches doivent être développées pour assurer le contrôle des maladies infectieuses, introduire la télémédecine et les diagnostics à distance.

Le service sanitaire et épidémiologique national devra être fondamentalement renforcé.

De toute évidence, la COVID-19 et les virus similaires ne sont pas un phénomène unique. Nous devons donc être constamment prêts non seulement d'un point de vue pratique mais aussi scientifiquement.

Il incombe au gouvernement de mettre en place un Conseil de biosécurité avec la participation des scientifiques et experts compétents.

L'éducation doit être rendue beaucoup plus flexible. Il est important de développer des protocoles et des méthodes d’enseignement à distance pour les enfants et les étudiants, ainsi qu’accomplir la numérisation réelle de tous les établissements de formation dans le pays.

Il est nécessaire d'introduire de manière accélérée des technologies modernes à distance. Il faudra revoir le contenu des programmes éducatifs, les rendre plus accessibles et interactifs.

La formation des enseignants doit se faire en tenant compte des nouveaux impératifs.

La transformation du système d'administration publique fera partie des orientations clés du Plan stratégique du pays.

De nouvelles approches seront introduites, notamment en fonction de la remise en question de la situation post-pandémique.

La mise en œuvre réussie du télétravail a montré la pertinence et l'adéquation des technologies modernes dans la prise de décisions étatiques importantes. Vu l’établissement réussi de cette innovation, je suggère de tenir les réunions du gouvernement, des ministères et des organes exécutifs locaux dans le régime de visioconférences.

Les procédures, approbations, réunions, gaspillages de temps et d'argent inutiles devraient être supprimés. Cette pratique est devenue obsolète. Les décisions doivent être prises rapidement et, surtout, bien mises en œuvre.

Il est important de maintenir la force d'initiative, la capacité d’assumer les responsabilités dans la période post-virale également.

Nous avons besoin d'un appareil d'État actualisé, efficace et compact qui prendrait rapidement des décisions en réponse à des situations changeantes.

La réforme des institutions étatiques de développement sera poursuivie. Dans le cadre de la réalisation des objectifs énoncés dans mon message sur l’état de la nation, la réforme de leurs structures, ainsi que la spécification de leurs buts et objectifs ont commencé. Les questions de duplication d'un certain nombre de fonctions, de poursuite de la privatisation, d'accès des entrepreneurs nationaux aux marchés publics du secteur quasi étatique doivent être définitivement résolues.

Il est nécessaire de repenser l'essence du concept du gouvernement numérique, de mettre largement en ligne les procédures consultatives, d’obtention des certificats et de dépôt des demandes. Le langage « egov » doit être simplifié et compréhensible pour la population.

La communication entre les entreprises et le gouvernement passera entièrement au format numérique et deviendra sans contact. À cette fin, la numérisation de l'ensemble du processus des services publics et des mesures de soutien sera achevée.

Il est important de donner une nouvelle impulsion à tous les processus de numérisation de l'économie et de la société.

 

Chers collègues !

 

Le 1er mai, dans la région du Turkestan, à la suite de la rupture du barrage du réservoir de Sardoba en République d'Ouzbékistan, des inondations se sont produites. Il s'agit d'une situation d'urgence de caractère technologique.

Dans cinq villages du district de Maktaaral, plus de mille maisons résidentielles ont été inondées. Neuf autres communes étaient menacées d'inondation.

Des mesures prises rapidement ont permis d'éviter une nouvelle propagation du débit d'eau.

L'élimination des conséquences des inondations et les travaux d'épuration sont en cours.

Les questions d'ordre public et de préservation des biens de la population font l'objet d'une attention particulière.

Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour rétablir une vie normale dans la région.

D'ici l'automne, de nouvelles maisons seront construites pour remplacer celles qui ont été détruites.

Une indemnité de 100 000 tengués sera versée à chaque résident concerné.

Les dommages seront indemnisés pour la perte de bétail et les dégâts causés aux terres agricoles.

Aucun villageois touché par le désastre ne sera laissé sans soutien. Chacun recevra de l'aide.

Je tiens à remercier tous ceux qui aident la région touchée.

Les autorités locales, ainsi que des unités du Ministère de la Défense, de la Garde Nationale, du Comité des situations d'urgence et des agents de police travaillent dans la zone catastrophée.

Les dirigeants de grandes entreprises, tant nationales qu'étrangères, ont apporté une aide considérable aux victimes. Ce sont de véritables patriotes et amis de notre peuple.

J’exprime ma gratitude à toutes et à tous !

Une nouvelle fois, les Kazakhstanais ont manifesté leur solidarité. L'unité nous permettra de passer à travers toutes les difficultés. Nous disposons de ressources nécessaires pour résoudre des problèmes de tout genre.

 

***

Nous vivons une période difficile.

L'unité de notre peuple nous procure des forces pour avancer progressivement.

Ensemble, nous avons surmonté avec dignité de sérieux défis à plus d'une occasion. Je suis convaincu que nous relèverons également ces nouveaux défis.

Nur-Sultan. Akorda, le 11 mai 2020