LE NOUVEAU KAZAKHSTAN : LA VOIE DU REDRESSEMENT ET DE LA MODERNISATION

LE NOUVEAU KAZAKHSTAN : LA VOIE DU REDRESSEMENT ET DE LA MODERNISATION

Discours du Président de la République du Kazakhstan Kassym-Jomart TOKAYEV sur l’état de la Nation

 

LE NOUVEAU KAZAKHSTAN : LA VOIE DU REDRESSEMENT ET DE LA MODERNISATION

Le 16 mars 2022

Le Message d'aujourd'hui a une signification particulière. Son contenu et sa portée vont au-delà de la période d'un an.

Nous nous fixons des objectifs ambitieux.

Ensemble, nous avons entamé la construction du Nouveau Kazakhstan.

L'année dernière, notre pays a franchi une étape importante – le 30ème anniversaire de l'Indépendance. À l’échelle de l’histoire, il s'agit d'une courte période.

Sous la direction du premier président Noursoultan Nazarbaïev, nous avons parcouru un long chemin, obtenu des succès significatifs, mais nous pouvons tout perdre si nous ne maintenons pas notre unité. Les bouleversements du début d'année l'ont bien mis en évidence.

Les événements de janvier ont ébranlé la société. Notre peuple a été confronté à un défi sans précédent lorsque l'intégrité du pays s’est retrouvée menacée. Ces jours-ci, nous avons profondément réalisé la valeur durable de l'Indépendance, nous avons compris à quel point la paix, la stabilité et l'harmonie étaient importantes.

Grâce à l'unité, nous avons défendu notre État. Des mesures opportunes ont été prises et les terroristes ont été résolument repoussés.

Je n'ai jamais rien caché aux citoyens. Pendant la pandémie, j’ai ouvertement parlé de tous les problèmes. Au cours des jours du «Janvier tragique», j’ai adressé plusieurs messages au peuple, dans lesquels j’ai parlé en détail de la situation.

Chacune de mes décisions a été prise en fonction des intérêts du pays. Et cette approche est inébranlable pour moi.

Malheureusement, lors des événements de janvier, beaucoup de nos compatriotes sont morts à cause des actions criminelles des radicaux et des terroristes. Une fois de plus, j'exprime mes plus sincères condoléances à leurs familles et proches. Nous ferons de notre mieux pour qu'une telle tragédie ne se reproduise plus jamais.

Notre devoir est de traduire en justice tous les bandits et terroristes impliqués dans ces crimes sanglants. Nous devons tirer des leçons importantes des événements de janvier.

Nous ne devons plus laisser la paix et la tranquillité de notre pays être troublées, mettre en danger sa sécurité.

Pour être honnête, il existe actuellement dans la société diverses rumeurs et conjectures qui induisent les gens en erreur et donnent une fausse image des événements. C’est pourquoi il est extrêmement important de rendre publiques des informations fiables et de donner une évaluation objective. Nous devons tout faire pour que le peuple comprenne les causes de ce qui s'est passé.

Pas plus tard qu'hier, des audiences spéciales ont eu lieu au Parlement, au cours desquelles les forces de l'ordre ont présenté un rapport complet sur les résultats de l'enquête. Nous n'avons jamais eu une discussion aussi large.

Les députés et les journalistes ont obtenu des réponses ouvertes aux questions qui préoccupent la société. Cela prouve que le pouvoir est le principal intéressé d’une évaluation équitable des événements de janvier. Et je partage pleinement cette approche. Nous devons dire la vérité. C'est ma position de principe.

Les activités d'investigation menées par le Groupe interministériel d'enquête sont toujours en cours. J'ordonne aux forces de l'ordre de publier régulièrement les résultats de leurs travaux.

Lors des événements du «Janvier tragique» et de l'état d'urgence qui a suivi, environ deux mille personnes ont été placées en garde à vue pour diverses infractions. J'ai alors donné des instructions au Parquet général d'établir le degré de leur culpabilité et, en l'absence de circonstances aggravantes, d'alléger la peine des détenus. En conséquence, de nombreux citoyens ont été relaxés.

Dans le même temps, ceux qui ont commis des crimes graves seront pleinement responsables devant la loi. Agir autrement, se porter à la rencontre des râleurs, des provocateurs, des populistes, c'est trahir la mémoire des victimes innocentes.

Des enquêtes pénales furent ouvertes à l’encontre de plusieurs centaines de personnes. Nous avons reconnu les faits lorsque des agents des forces de l'ordre ont utilisé des méthodes d'interrogatoire interdites et même des tortures contre des détenus. De telles manifestations barbares moyenâgeuses sont contraires aux principes de toute société progressiste. Ils sont inacceptables pour nous.

Dès que les premiers rapports signalant de tels cas sont apparus, j'ai ordonné de les enquêter minutieusement.

Par ailleurs, presque dès les premiers jours, la Commissaire aux droits de l'homme s'est jointe à ce travail actif. Un groupe de militants des droits de l'homme, membres du Conseil national de la confiance publique, a pu librement visiter les centres de détention, observer les conditions de détention des participants aux événements de janvier et examiner leurs plaintes.

L’Ombudsman (médiateur), des commissions publiques indépendantes dirigées par des juristes de renom ont étroitement collaboré avec le bureau du procureur, ils ont ouvertement exprimé et défendu leurs positions.

Un tel travail a montré la transparence et le caractère démocratique du processus d'enquête, a permis d'aborder chaque recours, chaque plainte individuellement. Il a ainsi été possible de réduire considérablement les risques de condamnations injustifiées.

Une telle pratique de coopération ouverte entre la société civile et les organismes compétents, à mon avis, devrait être solidement ancrée dans notre pays. Profitant de cette occasion, je voudrais remercier les militants sociaux et les juristes pour leur position active et leur professionnalisme.

Les résultats préliminaires de l'enquête sont déjà prêts. On sait avec certitude que les conspirateurs ont tenté de prendre le pouvoir. La question se pose, qu'est-ce qui les a poussés à faire un tel pas ? La réponse est évidente.

Ces dernières années, le Kazakhstan s'est engagé sur la voie d'une modernisation et d'une transformation radicales. Des transformations à grande échelle ont commencé dans divers domaines. Certains influenceurs ne l'ont pas aimé. Ils s'attendaient à pérenniser leurs activités illégales. De plus, ils étaient impatients d'accéder au pouvoir.

Les conspirateurs ont formé un groupe clandestin de mercenaires professionnels, de bandits armés et de traîtres parmi les fonctionnaires. Les ennemis internes et externes de notre État se sont unis pour prendre le pouvoir. Ils ont guidé des manifestations pacifiques dans un sens destructeur, ont utilisé le peuple à des fins criminelles.

Les terroristes ont attaqué des bâtiments gouvernementaux, des infrastructures stratégiques et des entreprises. Ils ont tiré sur des civils pour en accuser le gouvernement. Les forces radicales étrangères ont essayé d'utiliser cette situation. Elles voulaient faire du Kazakhstan un point chaud, déchirer notre pays, détruire la vie paisible, renverser le Président. C'était un défi sans précédent à notre statut d'État.

Cependant, leurs plans criminels ont échoué.

J'ai alors ouvertement déclaré : quoi qu'il arrive, je serai toujours avec mon peuple.

Ce n'est pas pour rien que les gens disent «Іштен шыққан жау жаман» (dicton kazakh : «Il n'y a pas de pire ennemi qu'un traître»). Parmi ceux qui ont tenté de réaliser le coup d'État, il y avait des personnalités qui occupaient des postes élevés. Ce sont des traîtres d'État.

Parmi ces traîtres figurent les responsables militaires et des organes spéciaux qui ont empêché les forces de l'ordre d'engager des actions légales, ont mal informé les dirigeants du pays sur la situation dans les villes et ont pris le contrôle des canaux de communication gouvernementaux et autres.

Bref, ils ont pris tous les moyens possibles pour déstabiliser le pays. En conséquence, nous avons été obligés de demander l'aide de l'Organisation du Traité de sécurité collective.

Nous avons pris cette décision conformément à toutes les normes nationales et internationales. Les forces de maintien de la paix n'ont pas tiré un seul coup de feu dans notre pays, elles ont seulement assuré la protection des sites stratégiques. Tout cela a été clairement précisé en amont.

Deux semaines plus tard, une fois la situation normalisée, le contingent de maintien de la paix s’est entièrement retiré du Kazakhstan. L'OTSC est une organisation collective dont notre pays est membre.

Le rôle important de la mission de maintien de la paix ne peut être sous-estimé, mais, en fin de compte, nous avons vaincu les bandits par nous-mêmes.

À cet égard, je voudrais m'attarder particulièrement sur la question suivante. La trahison des conspirateurs ne doit pas ternir la réputation des forces de l'ordre.

Nos compatriotes, nos frères servent dans leurs rangs. Ils ont prouvé qu'ils se tenaient aux côtés du peuple et qu'ils étaient prêts à se battre jusqu'au bout pour le bien de leur Patrie. Ils sont restés fidèles au serment, défendant l'État de dévouement. J'exprime ma gratitude aux agents des forces de l'ordre qui ont courageusement résisté à la menace à un moment critique.

Dans le même temps, nombre de nos concitoyens ont formé volontairement des unités d'autodéfense, participant ainsi à la protection de l'ordre public. Je remercie tous ceux qui ont fait preuve de courage, d'unité et de solidarité à un moment crucial.

Ces jours-ci, notre peuple a démontré son unité et sa volonté de surmonter tous les défis. Grâce au patriotisme, nous avons conservé notre Indépendance sacrée.

Les événements de janvier sont devenus le plus grand test pour notre État. Nous étions au bord du gouffre. Il suffisait de faire un faux pas pour que nous perdions notre État.

L'enquête sur l'affaire du complot des forces de sécurité et de leurs complices se poursuit à un rythme intense, elle est tenue secrète.

À venir, beaucoup de travail avec des témoins, la réalisation d'examens, l'étude de diverses données.

Je peux dire une chose : il y a eu une opération à grande échelle minutieusement préparée, dont le but était de renverser l’autorité suprême, de la discréditer aux yeux du peuple et de la communauté internationale.

Pour atteindre cet objectif, les conspirateurs n'ont pas hésité à faire appel à des militants formés professionnellement, qui avaient pour tâche de semer la pagaille à Almaty, notre plus grande ville, d'instiller la peur chez les gens, de leur faire croire à la fatalité de l'issue des événements et de déstabiliser la situation dans le pays.

Par conséquent, je vous assure que tous les responsables de ces événements tragiques seront punis, quelles que soient les fonctions et les positions qu'ils occupaient au sein de la société.

Durant ces jours, il n'y avait pas d'autre choix que de prendre des mesures implacables et décisives. Au moment le plus crucial, j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour le bien du pays. C'est mon devoir de Président et de citoyen.

 

Chers membres du Parlement,

Mes chers compatriotes,

Ma principale priorité au poste de Président de la République a toujours été et sera la mise en œuvre des réformes sollicitées par le peuple.

Je suis absolument convaincu que le progrès durable du pays et les transformations socio-économiques à grande échelle sont impossibles sans modernisation politique.

Depuis deux ans et demi, nous avons obtenu des résultats importants dans ce sens.

Dans le cadre des quatre volets de réformes politiques que j'ai proposés, un certain nombre d'initiatives importantes visant à démocratiser davantage le pays ont été mises en œuvre.

L'ampleur des changements positifs réalisés peut être jugée par le fait que plus de dix lois ont été votées dans le seul domaine politique.

Prenons, par exemple, la nouvelle loi démocratique sur les rassemblements pacifiques.

Il a permis aux militants, y compris aux personnalités publiques d'opposition, d'y organiser librement des rassemblements et d'y exprimer leurs opinions en toute liberté.

Cette innovation a permis de renforcer les germes d'une nouvelle culture politique, d'accroître la responsabilité mutuelle et la confiance au sein de la société.

Pendant ce temps, certains groupes d'activistes provocateurs considèrent qu'il est possible et même nécessaire de violer cette loi par essence démocratique.

Je déclare qu'il n'y aura plus de concessions. Cette loi, comme toutes les autres, doit être strictement respectée.

Pour un tel abus et une telle irresponsabilité, nos citoyens de bonne foi ont déjà payé un prix trop élevé.

La loi est unique pour tous, tant pour les personnes dotées du pouvoir que pour les hommes publics.

Les transformations politiques ont montré la disponibilité des citoyens de prendre des décisions à tous les niveaux, qu’il s’agisse des problèmes d’autogestion locale ou des questions nationales.

La transformation politique vise la formation de «règles du jeu» honnêtes et équitables, l'éradication du favoritisme et des monopoles dans toutes les sphères de la vie.

Mais une telle logique et dynamique d'événements convient loin de tout le monde.

Ceux qui ont l'habitude de parier sur des manigances grises dans les coulisses ont une peur panique de perdre leurs privilèges et leurs sources de revenus.

Ils ont décidé qu'ils devaient agir sans tarder afin de saper les fondements de notre État. On peut dire qu'ils sont allés contre leur peuple.

Après le «Janvier tragique», beaucoup pensaient qu'un retour en arrière se produirait, que les autorités commenceraient à «serrer les vis» et ralentiraient le rythme de la modernisation.

Mais nous ne nous écarterons pas du chemin tracé, mais, bien au contraire, nous accélérerons les transformations systémiques dans toutes les sphères de la vie.

Les initiatives proposées aujourd'hui ont été soigneusement élaborées par moi avant même les événements de janvier.

Je le dirai en toute franchise : certains experts et fonctionnaires d’État m'ont conseillé de ne pas me précipiter, de reporter ces plans jusqu'à des temps meilleurs. Soi-disant, pourquoi changer le système s'il peut être utilisé dans la situation actuelle en profitant de cela.

D'autres craignaient, à juste titre, le déchaînement de la démocratie de la rue, prédisant divers scénarios négatifs à l’instar de la perestroïka gorbatchévienne, d'autant plus que la situation géopolitique est devenue extrêmement compliquée.

Mais je suis fermement convaincu que notre pays a encore besoin de réformes fondamentales. Sinon, stagnation.

Nous avons vu ses conséquences dévastatrices dans l'histoire soviétique récente. Oui, et les événements de janvier ont été dans une certaine mesure le résultat d'une stagnation intérieure.

Au cours des deux derniers mois, j'ai défini une série de tâches prioritaires dans le domaine socio-économique, garantissant la sécurité nationale et publique.

Aujourd'hui, je veux présenter un programme de modernisation globale du système politique du pays. Elle repose sur une demande publique de changements radicaux qui mûrit depuis de nombreuses années.

Il tient compte des recommandations des députés du Parlement, du Conseil constitutionnel, de la Commission électorale centrale, de la Cour suprême et des experts notoires.

Des discussions fructueuses ont eu lieu à ce sujet avec les membres du Conseil national de la confiance publique.

Lors de l'élaboration du document, des propositions spécifiques de chercheurs et de personnalités publiques, de partis politiques et d'organisations non gouvernementales ont été soigneusement analysées.

En général, les réformes proposées reflètent un spectre large d'attitudes qui existent dans notre société. Ils agissent comme une suite logique des transformations déjà amorcées et résolvent deux problèmes urgents.

Premièrement, elles contribuent à une démocratisation cohérente et, deuxièmement, elles garantissent la stabilité et la gérabilité de l'État.

Cela est particulièrement important dans le contexte des changements sociaux fondamentaux qui se produisent dans le pays, ainsi que des tensions géopolitiques croissantes.

La situation internationale actuelle rappelle à bien des égards les phases les plus aiguës de la Guerre froide.

Mais la situation actuelle en termes d'acuité, de dure confrontation des sanctions et de conséquences imprévisibles pour le monde entier, sans exagération, peut être qualifiée de sans précédent. En tout cas, cela ne s'est jamais produit auparavant.

Il est donc primordial pour nous de ne pas abandonner nos objectifs, de maintenir la cohésion, l'unité nationale et la solidarité.

* * *

Je l'ai dit maintes fois que personne n'a besoin de réformes pour le plaisir de réformer. Nous ne les menons pas pour le public, au nom de quelques objectifs éphémères et de beaux indicateurs, mais a priori inaccessibles.

La pratique où les succès déclarés sur papier n'ont rien à voir avec la réalité appartient au passé. Le peuple n'a pas besoin d'idées abstraites et de promesses, mais de changements tangibles pour un avenir meilleur.

Nous devons parler ouvertement des problèmes existants et chercher ensemble les meilleurs moyens de les résoudre.

Il est important d'assurer une concurrence loyale et ouverte et d'éradiquer à jamais tous les monopoles artificiels tant dans l'économie que dans la politique.

La croissance du bien-être du peuple n'est possible que dans des conditions de concurrence véritable. Le système de gestion, axé sur la surconcentration des pouvoirs, a déjà perdu de son efficacité. Il n'est pas capable de consolider la société civile avec sa diversité de points de vue et de convictions.

Par conséquent, nous avons besoin de mesures mûrement réfléchies pour restructurer le modèle politique de développement du Kazakhstan.

Tout d'abord, nous parlons de la transition finale d'une forme de gouvernement super-présidentielle à une république présidentielle avec un Parlement fort.

Un tel système assurera un équilibre optimal des institutions de pouvoir et contribuera au développement durable du pays.

Il nous incombe de renforcer le rôle du Parlement, ce qui sera un facteur important dans la mise en œuvre réussie du concept d'«État à l'écoute».

Nous avons une image claire de l'avenir et des contours du Nouveau Kazakhstan – un État efficace avec une société civile forte.

Nous devons mettre en pratique la formule clé de notre édification de l'État – «Un Président fort – un Parlement influent – un Gouvernement responsable».

À cette fin, je propose un certain nombre d'initiatives qui, j'en suis convaincu, feront de cette vision stratégique une réalité.

 

PREMIÈRE INITIATIVE. Pouvoirs du Président

Comme je l'ai déjà dit, un modèle de gouvernement super-présidentiel s'est développé au Kazakhstan.

Au stade initial du développement du pays, cela était justifié. Mais nous ne restons pas immobiles, la société change, le pays change. Et notre système politique doit constamment s'adapter aux nouvelles réalités.

Aujourd'hui, littéralement, tout dans notre pays s’articule autour du Président, et c'est fondamentalement faux. Nous devons progressivement nous éloigner de cette pratique.

Les intérêts à long terme de l'État sont plus importants pour moi que tout levier supplémentaire de pouvoir et d'influence situationnelle. Par conséquent, lors du congrès de janvier du parti Amanat, j'ai annoncé mon intention de quitter le poste de son président cette année.

La fusion des structures du parti avec l'appareil d'État est hautement indésirable. Le monopole en politique conduit inévitablement à diverses maladies sociales et à la dégradation de l'État.

Une barrière solide doit être mise en place face à la domination politique. Je propose de légiférer l'obligation du Président de la République de mettre fin à l'adhésion au parti pendant la durée de ses pouvoirs.

Cette norme augmentera la concurrence politique, fournira des conditions égales pour le développement de tous les partis. Ainsi, nous sauverons les futurs dirigeants du pays de la tentation de soumettre à eux les principales institutions politiques.

Partant de la même logique, il est nécessaire d'introduire dans notre législation une disposition relative au retrait obligatoire du parti des présidents et membres de la Commission électorale centrale, de la Commission des comptes et du Conseil constitutionnel.

En même temps, on voit que la surconcentration des pouvoirs au centre se projette aussi au niveau régional. Par conséquent, il est nécessaire d'interdire par la loi aux akims (gouverneurs et maires) et à leurs adjoints d'occuper des postes dans les antennes locales du parti.

De telles décisions permettront de former un système de partis multipolaire.

Aujourd'hui, il est devenu évident pour l'ensemble de la société que c'est la monopolisation de l'activité politique et économique qui a peut-être joué le rôle principal dans les événements de janvier.

Mais la leçon importante du «Janvier tragique» est que la concentration des pouvoirs entre les mains du plus haut fonctionnaire de l'État renforce de manière injustifiée l'influence de ses proches et des groupes financiers et oligarchiques. Ces derniers perçoivent l'État comme un fief personnel.

Le népotisme, dans quelque pays que ce soit, conduit inévitablement à une sélection négative du personnel, devient un terreau fertile pour l'épanouissement de la corruption.

Le chef de l'État doit agir en garant inébranlable de l'égalité des chances pour tous les citoyens.

Ainsi, pour les plus proches parents du Président, une interdiction législative sera introduite d'occuper des postes de fonctionnaires politiques et de dirigeants dans le secteur parapublic. Je pense qu'il ne serait pas superflu d'inscrire cette disposition dans la Constitution.

La surconcentration du pouvoir du Président s'exprime également dans le nombre excessif de ses pouvoirs.

Le chef de l'État a le droit d'annuler ou de suspendre les actes des gouverneurs des régions et des maires des villes d'importance républicaine.

Cette norme contribue à enraciner la pratique excessive du «contrôle manuel» et réduit l'indépendance des organes exécutifs locaux.

De plus, actuellement, le Président a le droit de révoquer les maires de district et même ruraux.

Ces dispositions légales devraient être supprimées.

Le rejet des pouvoirs présidentiels excessifs sera un facteur important qui assurera l'irréversibilité de la modernisation politique du pays.

Les initiatives proposées changeront fondamentalement les «règles du jeu» et constitueront une base solide pour la poursuite de la démocratisation de notre société.

 

DEUXIÈME INITIATIVE. Remodelage de la branche représentative du pouvoir

En réduisant progressivement les pouvoirs du Président, nous devrons renforcer considérablement le rôle du Parlement et accroître ainsi la stabilité institutionnelle de l'État.

Le pays a besoin du pouvoir représentatif fort, où des députés responsables, dotés d'un mandat de confiance populaire, joueront un rôle actif dans la construction de l'État.

À mon avis, il est nécessaire, tout d’abord, de réexaminer le mode de constitution et un certain nombre de fonctions du Sénat.

La chambre haute est actuellement composée de 49 députés (deux sénateurs élus de chaque région) et de 15 sénateurs nommés par le Président.

Cette composition permettait de bien prendre en compte les spécificités régionales et donnait au chef de l'État la possibilité d'influencer directement le processus législatif.

Pour son époque, elle était assez progressiste et efficace. Mais, aujourd'hui, nous devons aller de l’avant. Le quota présidentiel au Sénat ne doit pas être considéré comme un moyen de contrôle, mais comme un mécanisme de prise en compte des votes et des opinions des groupes sociaux faiblement représentés au Parlement.

J'ai donc décidé de réduire le quota présidentiel au Sénat de 15 à 10 députés.

Par ailleurs, cinq d'entre eux seront recommandés par l'Assemblée du peuple du Kazakhstan, et non pas élus par elle, comme c'est actuellement le cas.

Le Majilis, chambre basse du Parlement, devrait refléter l'ensemble du paysage électoral du pays sans donner à personne de préférences artificielles.

Ainsi, nous supprimerons le quota de l'Assemblée du peuple du Kazakhstan au Majilis, ce qui, à mon avis, est correct tant d'un point de vue politique que juridique.

Ce quota est transféré au Sénat et ramené de 9 à 5 députés. Par conséquent, le nombre total de députés au Majilis diminuera. Comme on dit, point trop n'en faut.

Cette nouveauté offrira des mandats et des voix supplémentaires à divers groupes ethniques au sein de la chambre haute.

De manière générale, je considère que l'existence du Sénat en tant que chambre haute du Parlement est logique et justifiée.

Il y a assez d'États dans le monde avec une structure unitaire et une population plus petite qu'au Kazakhstan, et, néanmoins, ayant des parlements bicaméraux, en particulier en Europe.

Toute autre chose est que notre Sénat devrait devenir une chambre qui représente vraiment les intérêts des régions du pays. Et cela nécessitera la réforme de ses pouvoirs.

Selon la Constitution, le Sénat a le droit d'adopter ou de ne pas adopter les projets de loi approuvés par le Majilis, de sorte que le Majilis est, en réalité, privé de la possibilité de surmonter les objections de la chambre haute.

Pour constituer un système parlementaire plus équilibré, cette pratique doit être réexaminée.

Je considère qu'il convient d'introduire une norme prévoyant le droit du Sénat uniquement d'approuver ou de ne pas approuver les lois déjà adoptées par le Majilis.

Par conséquent, c'est au Majilis que sera attribué le droit de légiférer.

Les pouvoirs du Sénat, à leur tour, devraient être complétés par le droit d'approuver les candidatures aux postes de président du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de la magistrature.

Cette nouvelle norme renforcera de manière significative les mécanismes de «freins et contrepoids» au sein du système politique, et simplifiera sensiblement la procédure législative.

De surcroit, l’éventail des fonctions du Majilis sera étendu.

De nombreux projets et programmes de grande envergure sont élaborés dans notre pays, or leur mise en œuvre, pour diverses raisons, est souvent loin d'être parfaite.

Il est nécessaire de renforcer le contrôle parlementaire de l'exécution du budget républicain. À cette fin, je propose de transformer la Commission des comptes en Cour suprême des comptes, dont le président devrait rendre compte aux députés de la chambre basse deux fois par an. Cela permettra de renforcer davantage le statut du Majilis.

Afin de renforcer la confiance des citoyens dans le pouvoir représentatif, une attention particulière devrait être accordée aux maslikhats (organes représentatifs locaux).

Des maslikhats puissants contribuent à résoudre les problèmes pressants et à améliorer la qualité de vie dans les régions.

Je considère que pour renforcer leur autonomie administrative et leur indépendance, le poste de président du maslikhat devrait être créé.

De plus, afin que les maslikhats puissent accroitre leur influence de manière systémique, j'estime nécessaire de modifier la procédure actuelle de nomination des gouverneurs régionaux.

À l’heure actuelle, les députes des maslikhats approuvent ou non l’unique candidature proposée par le Chef de l’État.

Il est nécessaire d’apporter des amendements appropriés à la législation régissant le droit du Président de proposer, sur une base alternative, au moins deux candidatures aux postes de gouverneurs des régions et des maires des villes d’importance républicaine.

Ainsi, le Président nommera les gouverneurs des régions et les maires des villes d'importance républicaine, en tenant compte des résultats de l'examen des maslikhats.

Il s’agira, au fond, de l’élection indirecte des dirigeants régionaux.

Dans le même temps, le Chef de l'État conserve le droit de révoquer les gouverneurs de régions sans consulter les maslikhats.

Toutes les nouveautés présentées concernant le remodelage de la branche représentative du pouvoir visent à construire le Nouveau Kazakhstan doté d’une culture parlementaire forte et des élus influents.

 

TROISIÈME INITIATIVE. Amélioration du système électoral

L'objectif clé de la modernisation politique du pays consiste à accroître le rôle des citoyens dans la gestion de l’État, y compris par le biais des processus électoraux.

Il y a quinze ans, dans le cadre d'une réforme constitutionnelle, nous sommes passés à un modèle proportionnel d'élections à la chambre basse du Parlement. Puis, en 2018, le principe proportionnel a été introduit dans les élections des députés des maslikhats. Ces mesures ont donné une impulsion considérable au développement de notre système de partis.

Cependant, parallèlement à cette tendance positive, des conséquences négatives de telles décisions ont commencé à émerger.

Il faut reconnaitre que les citoyens non partisans étaient, de fait, privés de la possibilité d'être élus non seulement au Majilis, mais aussi aux organes représentatifs locaux.

En conséquence, les processus électoraux ont perdu leur ancien attrait pour les citoyens et le désengagement politique s'est accru. Les gens ont tout simplement cessé de croire que leur voix comptait et pourrait améliorer la vie dans le pays. En général, aujourd'hui, de nombreux électeurs ne connaissent pas leurs députés.

Compte tenu de ces facteurs négatifs, je propose de passer à un système électoral mixte, plus harmonieux, qui tiendra pleinement compte des droits de tous les citoyens.

Le modèle à majorité proportionnelle refléterait mieux les intérêts des électeurs tant au niveau national que régional.

Le corps des députés du Majilis sera formé selon le schéma suivant – 70% sur une base proportionnelle et 30% sur une base majoritaire. De plus, un modèle mixte sera introduit dans les élections des maslikhats des régions et des villes d'importance républicaine.

Revenir à cette version du système électoral est une mesure très sérieuse. C’est une suite logique de la décision prise antérieurement d'abaisser le seuil d'entrée des partis au Majilis et aux maslikhats.

Désormais, chaque région aura en fait la possibilité d'élire au moins un député à la chambre basse. Le nouveau modèle formera une palette de vues plus large dans le Majilis et le rendra plus inclusif.

Parallèlement, dans les districts et les villes où une interaction étroite entre les députés et les citoyens est requise, je propose de passer pleinement au système majoritaire. Cela créera un environnement politique plus compétitif sur le terrain et ouvrira des opportunités supplémentaires à l'émergence de responsables politiques influents.

Ce lien entre les députés et les électeurs renforcera également la transition vers un mandat impératif. Il s’agit d’un levier supplémentaire d’influence sur les élus, car il sera désormais possible de les révoquer en cas de manquement à leurs promesses électorales.

Une telle approche renforcera considérablement les traditions démocratiques et contribuera à l'enracinement d'une nouvelle culture politique fondée sur la responsabilité mutuelle et la confiance.

La combinaison des systèmes proportionnel et majoritaire préservera le rôle des partis politiques en tant qu'une des institutions clés de la société civile. Par ailleurs, des conditions seront créées pour un processus électoral plus équitable et une administration publique plus efficace.

Je suis convaincu que l'introduction d'un modèle électoral mixte accroitra l'engagement électoral des citoyens, ainsi que leur implication dans le processus de modernisation tous-azimuts du pays.

 

QUATRIÈME INITIATIVE. Élargissement des possibilités de développement du système des partis

La construction du Nouveau Kazakhstan repose sur la nécessité d’assurer une concurrence politique libre et équitable.

Pour ce faire, nous devons créer l'environnement le plus favorable au développement institutionnel et organisationnel des partis.

Les procédures d'enregistrement des partis seront considérablement simplifiées.

Le seuil d'inscription devrait être réduit par quatre et passer de 20 000 à 5 000 personnes.

Le nombre minimum de bureaux régionaux sera réduit par trois, de 600 à 200 personnes.

Le nombre minimum de personnes dans le groupe initial pour créer un parti sera réduit de près d'un tiers, passant de 1 000 à 700 personnes.

Quant aux délais pour organiser le congrès fondateur du parti et former les branches régionales, ils seront prolongés.

La libéralisation dans ce domaine accélèrera de manière considérable le processus de développement de l'espace politique dans le pays.

Les nouveaux partis capables d'articuler avec compétence et de résoudre efficacement les problèmes pressants de leur électorat apparaîtront.

 

CINQUIÈME INITIATIVE. Modernisation du processus électoral

L'expérience internationale démontre que le système d'organisation des élections est en constante évolution. La recherche de solutions optimales pour la tenue d'élections équitables et transparentes est en cours.

Au-delà des facteurs liés à l’information et à la technologie, au cours des dernières années, ce processus a largement été affecté par la pandémie.

De nombreux pays développent des formes alternatives de vote, notamment le vote électronique, anticipé, à distance ou sur plusieurs jours.

Par conséquent, il convient d'étudier les meilleures pratiques mondiales et, en cas de besoin, les introduire de manière progressive.

À l’époque du développement rapide des technologies de communication, l'activité des candidats et des partis dans les réseaux sociaux revêt une grande importance. Or, la législation en vigueur ne régit pas l’activité de promotion de candidats dans les réseaux sociaux. Malgré cela, pendant les campagnes électorales, elle s'est faite d'une manière ou d'une autre.

Afin d’éliminer cette omission, je propose d'autoriser par la loi les campagnes dans les réseaux sociaux, en fixant des réglementations et des règles appropriées.

Il est également nécessaire de règlementer par la loi les activités des observateurs. Cette institution fait partie intégrante d’élections transparentes.

L'histoire de la démocratie est, avant tout, une histoire d'amélioration des procédures électorales et du contrôle de leur respect.

Je crois que les observateurs devraient avoir des droits clairement définis et un domaine de responsabilité bien précis.

Les commissions électorales territoriales jouent également un rôle important dans l'organisation et la conduite des élections. Avec l'introduction l'an dernier de l'élection directe des maires ruraux, le processus électoral dans tout le pays est devenu, de fait, permanent.

Il est nécessaire de réviser les principes de fonctionnement des commissions électorales territoriales, en les professionnalisant.

Afin d'exclure la possibilité de double vote, ainsi que du vote dans n'importe quelle circonscription, il est nécessaire d'envisager la possibilité de former une base de données électronique unique des électeurs.

Afin de prévenir l’influence de certains individus sur le cours des élections, il est nécessaire d’établir des limites sur les dons faits aux fonds électoraux.

Conformément à la Constitution et au droit international, toute élection au Kazakhstan est strictement notre affaire interne. Or, cette norme n’écarte pas les tentatives potentielles d’influencer ses résultats de l’étranger.

Au regard de ces facteurs et de la croissance de diverses menaces hybrides dans le monde, y compris utilisant les technologies électorales, des mesures efficaces doivent être prises au niveau législatif pour prévenir toute possibilité d'ingérence étrangère dans les élections dans notre pays.

Il s'agit tout d'abord d'assurer une transparence financière maximale de tous les participants aux campagnes électorales, qu'ils soient candidats, observateurs ou médias.

 

SIXIÈME INITIATIVE. Renforcement des mécanismes de protection des droits de l’homme

La Constitution a une force juridique suprême et constitue la base de tout le système juridique du pays. Or, il s’avère parfois difficile de donner une réponse sans équivoque sur la conformité à ses dispositions de certains actes législatifs ou décisions.

Au Kazakhstan, c’est le Conseil constitutionnel qui interprète diverses normes juridiques. Cependant, les citoyens n’ont pas la possibilité de recours direct au Conseil constitutionnel pour obtenir des explications.

Dans le même temps, dans la plupart des pays du monde, il existe une institution telle que la Cour constitutionnelle, où chacun peut adresser ses demandes. À l’aube de l’indépendance, cette institution existait également au Kazakhstan.

Les experts s'accordent à dire que ses activités garantissent plus efficacement le respect des dispositions de la Loi fondamentale.

Dans ces circonstances, je propose la création de la Cour constitutionnelle. Le Procureur général et le Commissaire aux droits de l'homme devraient également être dotés du droit de saisir la Cour constitutionnelle.

Je suis certain que ces initiatives constitueront une étape importante dans la construction d’un État de droit équitable, renforceront de manière institutionnelle le système de «freins et contrepoids» et la protection des droits constitutionnels des citoyens.

Vous le savez bien, j’attache une grande importance à la protection des droits fondamentaux des citoyens.

En 2020, notre pays a adhéré au Deuxième Protocole facultatif relatif aux droits civils et politiques, visant à l’abolition de la peine de mort. L'année dernière, j'ai signé un Décret sur les nouvelles mesures en matière des droits de l'homme qui visent à développer ce domaine de manière globale et à long terme. Avec le concours du Conseil national de la confiance publique, un certain nombre d'autres initiatives progressistes ont également été mises en œuvre.

Cependant, les questions relatives aux droits de l'homme nécessitent un progrès constant.

Je considère que pour une consécration définitive de la décision sur l’abolition de la peine de mort, il est nécessaire d’introduire des amendements appropriés à la Constitution.

Il est important d’introduire une approche systémique dans les enquêtes sur les crimes de torture.

À ce jour, il n'existe pas d'instance spécifique chargée de cette mission. Cette pratique comporte certains risques.

Ainsi, je propose d'attribuer ces fonctions au Parquet général.

Une telle approche permettra de garantir l'objectivité et l'impartialité de l'enquête et confirmera le caractère inévitable de la sanction de l'arbitraire dans le domaine de l'application de la loi.

Par ailleurs, il convient de prendre des mesures systémiques afin de réduire le niveau de la violence dans la société.

À cet égard, la lutte efficace contre les infractions dans le domaine des relations familiales et domestiques joue un rôle important.

Aujourd’hui, les appels des citoyens et des personnalités publiques portant sur le besoin de durcir les sanctions pour les violences faites aux femmes et aux enfants sont devenus plus fréquents.

J’avais précédemment donné des instructions de décider de la nécessité de criminaliser de telles infractions.

Je charge le Parquet général d'étudier cette question en profondeur et de résoudre ce problème.

D'une manière générale, afin d'accroître la légalité et renforcer de manière systémique la protection des droits de l'homme, j'estime nécessaire d'adopter des lois constitutionnelles distinctes sur le Bureau du procureur et sur le Commissaire aux droits de l'homme.

L'État de droit ne peut être garanti sans des tribunaux véritablement indépendants, ouverts et professionnels à tous les niveaux.

L'État conduit un travail considérable dans ce domaine.

Un nouveau système de recrutement des cadres se met en place, la transparence des processus et des procédures judiciaires est progressivement améliorée.

À cet égard, le Conseil suprême de la magistrature joue un rôle clé, en assurant les fonctions constitutionnelles du Président de former des tribunaux, et en garantissant l’indépendance et l’immunité des juges.

Il est essentiel que ses activités soient entièrement transparentes aux fins du contrôle public.

Cet objectif peut être atteint par le biais de la diffusion en ligne des concours opérés par le Conseil supérieur de la magistrature, ainsi que de la publication d’explications détaillées et motivées.

Les cours d’assises permettent d’accroître la participation citoyenne à l’administration de la justice.

Au Kazakhstan, les jurés ne peuvent se prononcer que sur des crimes très graves. Je crois que nous devrions aller plus loin et élargir les catégories d’affaires judiciaires qui pourront être jugées par des cours d’assises.

Cette nouveauté contribuera à démocratiser le système judiciaire et à accroître la confiance du public à son égard.

 

SEPTIÈME INITIATIVE. Renforcement de la compétitivité des médias et du rôle des institutions de la société civile

À l’époque moderne, il est crucial pour tout pays progressiste d’avoir des médias compétitifs et libres.

Les médias nationaux devraient avoir leur propre point de vue sur les processus en cours au Kazakhstan, dans la région et dans le monde. En dépendent la véritable sécurité de l’information et, ni plus ni moins que, la souveraineté idéologique du pays.

L’État accordera une attention particulière à la création d’un espace d’information ouvert, et des médias sollicités et forts.

Représentant un canal de communication efficace entre le gouvernement et le peuple, les médias peuvent et doivent soulever des questions pressantes. Mais ils doivent le faire avec une grande responsabilité civique, et ne doivent pas travailler sur des ordres provenant de l'extérieur, en contribuant ainsi à la polarisation de notre société, et pour des honoraires secrets, en participant à la lutte cachée des clans politiques.

Les journalistes doivent sincèrement se soucier de leur pays et de ses citoyens. Ce n'est pas pour rien que les médias sont appelés le «quatrième pouvoir». C’est pourquoi vous devez gérer votre influence sur les esprits et les cœurs des gens avec la plus grande prudence. Je m'adresse spécifiquement là à notre gent journalistique.

Je suis convaincu que les transformations démocratiques qui vont suivre sont impossibles sans médias indépendants et responsables.

Par conséquent, il est nécessaire de réviser la loi sur les médias, en tenant compte des intérêts de l'État, des demandes de la société et des tendances du développement de la sphère médiatique.

L’activité des organisations publiques est un autre facteur important du progrès durable et global du pays.

Le secteur non gouvernemental soulève indéfectiblement d'importants problèmes sociaux et contribue à leur solution globale.

Les tâches auxquelles le Kazakhstan est confronté aujourd'hui nécessitent une interaction accrue entre l'État et les organisations non gouvernementales, un redémarrage systémique des institutions de la société civile.

Il est nécessaire d'impliquer d’une manière plus large et plus profonde les organisations publiques et les militants dans l’élaboration et la mise en œuvre des réformes. Pour ce faire, il est tout d'abord nécessaire d'assurer des discussions ouvertes sur tous les projets nationaux et documents stratégiques.

Dans ce domaine, toute imitation ou création de l'apparence d'un dialogue sont inacceptables.

Nous devons réveiller dans le pays l'action civile et lancer un processus de partenariat lucide et constructif entre l'État et la société.

C'est pour cette raison que nous développons des conseils publics au sein des organes exécutifs au niveau central et local, ainsi que dans le secteur quasi-public.

J'ai critiqué à plusieurs reprises leurs activités, mais en général, ils ont un grand potentiel institutionnel qui doit être pleinement réalisé.

Cette année, à mon initiative, un renouvellement radical de leurs compositions, ainsi que de leurs plans de travail, est prévu.

Un proverbe populaire kazakh dit: «Кеңесіп пішкен тон келте болмас» («Le manteau cousu en équipe ne sera pas court»).

Nos ancêtres ont toujours discuté et pris des décisions fatidiques en public. La preuve en est les grandes réunions à Oulytaou, Ordabassy, Kultobé.

Nous devons renouer avec cette tradition démocratique de la Grande Steppe, qui a jeté les bases de l'unité nationale.

C’est pourquoi à la place du Conseil national de la confiance publique, ayant accompli ses tâches avec succès, je propose de créer l’Ulttyq Quryltaï (Congrès national).

Cette nouvelle institution poursuivra les travaux du Conseil national dans tout le pays.

Le Quryltaï devra former un modèle institutionnel unifié de dialogue social. Il renforcera l’interaction entre le gouvernement et le peuple.

L’activité de tous les conseils publics existants sera systématisée.

Le Quryltaï national sera composé de représentants de toutes les régions. En outre, il comprendra un certain nombre de députés du Parlement, des membres de l’Assemblée du peuple du Kazakhstan, de l’Alliance civile, des conseils et des organisations publiques, des personnalités publiques faisant autorité, des représentants du monde des affaires, de l’industrie et de l’agriculture, ainsi que d’autres citoyens.

Nous aurons ainsi un organe représentant un large éventail d'opinions et de points de vue. Les membres du Quryltaï se réuniront de manière régulière afin de discuter des questions et problèmes importants.

 

HUITIÈME INITIATIVE. Amélioration du système administratif et territorial du pays

En modifiant le système électoral et le mode de composition du Parlement, il faut tenir compte du système administratif et territorial.

Dans les premières années de l'Indépendance, plusieurs régions ont été réunies dans le pays. Il y avait des raisons politiques et économiques à cela.

Aujourd'hui, le Kazakhstan entre dans une nouvelle phase de développement. La situation socio-économique et démographique est déjà bien différente, nous sommes confrontés à d'autres problèmes et défis.

Le progrès de notre pays dépend directement de la prospérité des régions. J'ai évoqué cette question en profondeur dans mon Message de 2019. Le principe «régions fortes – pays fort » reste inchangé.

À cet égard, il est très important que la structure administrative et territoriale du pays soit optimale.

Auparavant, Shymkent avait reçu le statut de ville d'importance républicaine, et la région du Kazakhstan du Sud avait été rebaptisée la région de Turkestan, avec la ville de Turkestan comme son centre administratif. Ce sont les bonnes décisions, soutenues par le peuple.

Dans mon article «L'Indépendance avant tout», j'ai écrit que cette expérience ferait l'objet d'un suivi. Par la suite, de nombreuses suggestions ont été reçues de la part des citoyens.

Suivant mon instruction, elles ont toutes été étudiées en profondeur. En tenant compte des suggestions reçues, je voudrais proposer un certain nombre de nouvelles initiatives.

Avant tout, je propose de former la région d'Abaï avec la ville de Semeï comme son centre administratif.

Je sais que les habitants de la région soulèvent cette question depuis longtemps. Il y a beaucoup de problèmes non résolus jusqu’aujourd'hui, par exemple des infrastructures obsolètes. L'état de la ville de Semeï, autrefois le centre du mouvement Alash, n'est pas au niveau non plus.

Nous devons rétablir la justice historique et faire revivre cette terre sacrée qui a donné à notre peuple de nombreux grands fils.

La région d'Oulytaou doit être formée sur le territoire de l'ancienne région de Jezkazgan. La ville de Jezkazgan deviendra à nouveau le centre régional.

La création de la région séparée dans cet endroit a une importance non seulement économique, mais aussi spirituelle et culturelle.

La région d'Oulytaou, située au cœur de la vaste étendue du Kazakhstan, occupe une place particulière dans notre histoire. De grandes réunions s'y tenaient, au cours desquelles des décisions cruciales étaient prises pour le peuple.

Située au cœur de la Saryarka, Oulytaou possède un énorme potentiel touristique. Ses capacités de production et de logistique doivent être pleinement exploitées. En un mot, nous ouvrons la voie au développement de la région d'Oulytaou.

De nombreuses questions se posent également au sujet de l'agglomération d'Almaty.

Les résidents de la région vivent pour la plupart aux alentours d'Almaty. Or il n'est pas facile de résoudre les problèmes d'Ouzynaghash ou, par exemple, de Talgar, depuis Taldykorghan. En outre, les gens doivent parcourir de longues distances pour se rendre au centre régional.

Compte tenu de ces circonstances et d'autres, je propose de diviser cette région en deux : région de Jetyssou et région d'Almaty. Le centre de la région d'Almaty serait la ville de Kapshagaï, et le centre de la région de Jetyssou serait la ville de Taldykorghan.

Je suis persuadé que ces mesures donneront une forte impulsion au développement de cette région.

D'une manière générale, la question de la formation de nouvelles régions préoccupe de nombreuses personnes. Ce n'est un secret pour personne qu'à l’époque, les régions qui ont perdu leur statut de région ont vu leur population diminuer et leur qualité de vie se détériorer. Le temps est venu de rectifier cette situation.

Les changements administratifs et territoriaux optimiseront le processus d'administration publique, faciliteront les déplacements des citoyens vers et depuis le centre régional et contribueront à réguler plus efficacement les migrations internes.

Les noms proposés pour les nouvelles régions – Abaï, Oulytaou, Jetyssou – ont une signification particulière.

Nous continuerons à renforcer l’identité nationale en restituant les appellations géographiques d’origine et en ravivant la mémoire de nos grandes personnalités.

Par exemple, la ville de Kapshagaï est étroitement liée à M. Dinmoukhamed Kounayev, une personnalité éminente dans l'histoire de notre peuple. Et si l’opinion publique proposera de rebaptiser la ville en son honneur, je soutiendrai cette position.

Je dis tout cela sur la base des suggestions et des opinions des citoyens. Si les habitants locaux soutiennent ces initiatives, nous devons les mettre en œuvre le plus rapidement possible.

J’ordonne au Gouvernement d'étudier attentivement les questions d'organisation administrative et territoriale et de proposer les moyens de la mise en œuvre de ces initiatives. Ce n'est pas simple, nous devons l'aborder en réfléchissant à tous les détails.

Les propositions susmentionnées sont également l'occasion de prendre des mesures pour optimiser les fonctionnaires dans les administrations des gouverneurs et des maires des villes d'importance nationale en termes de leur réduction en fonction du nombre d'habitants dans les régions.

Dans tous les cas, les gouverneurs et les maires ne devraient pas avoir plus de trois adjoints, ou quatre dans des cas exceptionnels.

L’Administration présidentielle devra veiller à la mise en œuvre de cette mesure.

 

NEUVIÈME INITIATIVE. Décentralisation des administrations locales

La modernisation politique réussie et le développement de la société civile sont impossibles sans un approfondissement du processus de décentralisation du pouvoir. Nous continuerons à transférer de véritables pouvoirs du centre vers les régions.

Tout d'abord, il est nécessaire de séparer efficacement les fonctions de l'État et des institutions locales.

Il faut comprendre qu'un système fort de gouvernance locale est le fondement de la participation directe des citoyens à l'amélioration de la qualité de vie dans leur commune.

Il ne fait aucun doute que les Kazakhstanais sont depuis longtemps prêts à assumer la responsabilité de leurs villes, districts et villages. Il ne faut pas sous-estimer le peuple et avoir peur de lui confier les pouvoirs qu'il est capable d'assumer.

Dans le cadre de la modernisation politique, les maslikhats devraient devenir un maillon essentiel de la gouvernance locale.

Aujourd'hui, ils sont de nature hybride, c’est-à-dire à la fois une institution de gouvernance et d'autonomie locales. Il est donc nécessaire de définir clairement les pouvoirs des maslikhats.

Il faut réviser complètement le système de financement régional.

Actuellement, les districts ruraux sont entièrement dépendants des gouverneurs de niveau supérieur et reçoivent un soutien selon le principe du résidu.

Compte tenu de l'introduction d'élection des maires, il est pertinent de mettre en œuvre un mécanisme de financement direct des administrations locales conformément aux meilleures pratiques internationales.

Il est également nécessaire d'élargir considérablement la base de leur propriété. Dotés de ressources importantes, ils pourront exercer une influence et une responsabilité réelles. Dans le cas contraire, il ne s'agit que d'une imitation, pas d'une gouvernance locale.

Tous les travaux préparatoires nécessaires sur cette question doivent être achevés d'ici le milieu de cette année.

Une autre étape importante consistera à faciliter les procédures des achats pour les autorités locales, en éliminant la bureaucratie et le formalisme.

J’ordonne au Gouvernement, en collaboration avec l’Administration présidentielle, d'étudier en détail les mécanismes de la mise en place de ces instructions et d'en tenir compte lors de l’élaboration de la loi «Sur l’autonomie locale».

En outre, nous devons étudier la question de la ratification par le Kazakhstan de la Charte européenne de l'autonomie locale, qui est le premier instrument international dans ce domaine.

Toutes ces mesures faciliteront l'émergence de dirigeants locaux réellement crédibles et responsables, capables de mobiliser leurs communautés pour répondre efficacement aux préoccupations de la population.

Le renforcement réel du système de gouvernance locale ouvrira de nouvelles opportunités pour le développement régional, la réduction de la dépendance et la transformation démocratique profonde du pays.

 

DIXIÈME INITIATIVE. Mesures anticrises prioritaires

Le Kazakhstan est confronté à des difficultés financières et économiques sans précédent dans notre histoire moderne, associées à une forte aggravation de la situation géopolitique.

La confrontation aux sanctions sévères entraîne déjà des coûts importants non seulement pour certains pays, mais aussi pour l'ensemble de l'économie mondiale.

La situation évolue rapidement, littéralement toutes les heures. L'incertitude et les turbulences sur les marchés mondiaux se renforcent, et les chaînes de production et de commerce s'effondrent.

Or, il n'y a aucune raison de paniquer. Notre pays dispose de tous les réserves et outils nécessaires pour surmonter une crise d’envergure.

Le gouvernement doit, de toute urgence, mettre en œuvre un ensemble global de mesures anticrises prioritaires.

Tout d'abord, nous devons assurer la stabilité de la monnaie nationale. C'est un facteur clé de notre sécurité économique.

Les événements récents dans le monde ont exercé une pression énorme sur le taux de change du tengué. Vous en êtes bien conscient. L'instabilité du marché des devises est associée à la panique, aux sorties de capitaux et aux flux monétaires transfrontaliers gris.

Par conséquent, le secteur financier doit réduire l'augmentation de la demande spéculative, qui est due, entre autres, à l'activité des acheteurs de l'extérieur du pays.

Avant-hier, j'ai signé un Décret spécial qui impose des restrictions sur l'exportation de devises à l'étranger.

Les grands acteurs institutionnels ne devraient acheter des devises étrangères que dans le cadre de leurs obligations contractuelles, garantissant ainsi leur approvisionnement.

La question de l'augmentation des ventes de recettes d'exportation en devises étrangères par les entreprises avec la participation de l’État doit être étudiée. Je m'attends à ce que les acteurs privés du marché d’exploitation du sous-sol assurent également la vente de leurs recettes en devises.

Dans le cadre de leurs obligations contractuelles, les banques de deuxième rang doivent contrôler et surveiller les achats de devises de leurs clients.

Un contrôle strict doit être établi sur le respect de cette exigence par les banques.

La spéculation sur les marchés ne doit en aucun cas devenir une raison pour «brûler» de manière injustifiée nos réserves.

Le Gouvernement, la Banque Nationale et l'Agence de développement et de régulation des marchés financiers doivent prendre des mesures décisives dans ce sens. En général, des solutions extraordinaires sont nécessaires.

Dans le contexte international actuel, extrêmement instable, il est primordial de garantir la sécurité alimentaire du pays.

Les événements en Ukraine ont entraîné une flambée des prix des produits alimentaires. Il est probable qu'ils puissent bientôt battre tous les records absolus.

Dans ce contexte, la bonne conduite de la campagne des semailles est mise en avant. Toutefois, pour autant que je sache, de nombreux agriculteurs ne sont pas encore prêts à semer.

Le Gouvernement et les akimats doivent veiller tout particulièrement à la mise en place de ce travail. Nous devons fournir aux agriculteurs la quantité nécessaire de carburant et de lubrifiants à des prix abordables.

L'état de préparation des équipements agricoles, des stocks de semences et d'engrais doit être revérifié.

Il ne faut pas oublier que les faibles précipitations dans certaines régions peuvent avoir un effet négatif sur le rendement des cultures et entraîner une pénurie de fourrage.

D'une manière générale, il est nécessaire de revoir, avec la communauté agricole, les approches du soutien de l’État au secteur agricole.

Pour éviter les pénuries et la hausse incontrôlée des prix de l’alimentation, la question de l'achat de produits agricoles dans les fonds de stabilisation de l'État à des prix à terme devrait être élaborée.

Dans un environnement en mutation rapide, l'appareil d'État doit réagir rapidement à la situation et agir de manière extrêmement cohérente.

La lenteur de la prise des décisions et le formalisme bureaucratique sont inacceptables.

Nous devons être pleinement mobilisés maintenant. Les décisions doivent être prises rapidement, sur la base des demandes réelles des entreprises et des citoyens, dans un délai de trois jours au maximum, et de préférence dans la journée.

La Cellule opérationnelle mise en place auprès du Gouvernement doit en même temps fonctionner comme un Centre de situation, qui analyse les informations en temps réel et élabore des mesures d'urgence concrètes.

Au niveau systémique, la bureaucratisation excessive, qui entrave gravement le développement du pays, doit être éradiquée. Elle est d'une telle ampleur que de nombreuses agences gouvernementales y voient la raison d'être de leur existence.

Dans un avenir proche, je signerai un décret visant à débureaucratiser l'appareil d'État. Ce sera le point de départ d'une révision radicale des procédures internes des organes d’État, de la rationalisation des processus d'élaboration des règles et des processus budgétaires.

En outre, l'élaboration d'un nouveau paquet de réformes structurelles dans l'économie et l'administration publique devrait être lancée de toute urgence, en tenant compte de la stratégie de modernisation politique.

La fondation du Nouveau Kazakhstan devrait reposer sur une combinaison harmonieuse de réformes politiques et économiques.

Cela garantira le progrès progressif de notre pays et l'amélioration du niveau de vie de ses citoyens.

 

Mes chers compatriotes,

Les initiatives que j'ai présentées aujourd'hui sont d’envergure. Ils modifieront considérablement le système politique et la structure administrative et territoriale du pays.

Ils nécessiteront la modification de plus de 30 articles de la Constitution. En outre, plus de 20 lois devront être adoptées d'ici la fin de l'année.

Le travail législatif est un processus complexe et long, qui doit être abordé de manière très responsable.

Nous devons prendre en compte tous les défis internes et externes.

Au cours des années d'Indépendance, nous avons surmonté toutes les difficultés avec dignité et obtenu de grands succès.

Le début de la transformation cardinale du pays a coïncidé avec la crise qui a éclaté dans le monde.

Il est évident que la situation internationale actuelle affecte également le Kazakhstan.

Cependant, peu importe la difficulté des temps, nous poursuivrons fermement notre chemin.

Ayant tiré les leçons du passé, nous nous dirigeons avec confiance vers l'avenir.

Sur ce chemin, nous avons avant tout besoin d'unité, de raison froide et de patience, de sagesse et d'endurance.

Nous devons peser chaque décision avec soin, prendre chaque action au sérieux.

Une nation dotée d'un grand esprit patriotique atteindra tous ses objectifs.

Notre mission est de construire le Nouveau Kazakhstan.

Qu'est-ce que cela signifie?

Le Nouveau Kazakhstan est une image de l'avenir de notre pays souverain.

Un peuple qui ne croit pas en l'avenir ne peut pas construire un État fort. Il y a suffisamment d'exemples de cela dans l'histoire.

Nous sommes fermes dans nos intentions et confiants dans le brillant avenir du Kazakhstan.

Nous veillerons à ce que les droits constitutionnels de chaque citoyen soient respectés.

Nous créerons une nouvelle culture politique fondée sur le respect et la confiance mutuels entre l'État et la société.

Les décisions importantes seront prises ouvertement, avec la participation des citoyens, car l'État écoutera la voix de chaque citoyen.

Le travail assidu, les connaissances progressives et les bonnes pratiques seront toujours très appréciés.

C'est ainsi que je vois le Nouveau Kazakhstan.

Le renouvellement de l'appareil d'État ou la mutation de personnel ne suffisent pas pour atteindre nos objectifs. Le changement doit commencer à l'intérieur de nous-mêmes. Nous devons redémarrer le système des valeurs individuelles et sociétales.

Ce n'est pas un processus facile et cela prendra des années. Nous serons aidés dans cette entreprise par la conscience d'une haute responsabilité, la confiance et l'attention réciproques, et par l'amour de notre pays.

Nous devons comprendre que personne de l'extérieur ne fera rien pour nous. Tout est entre nos mains.

Construisons ensemble le Nouveau Kazakhstan.

Je suis convaincu qu'avec le soutien de la Nation, dans l'unité et l'harmonie, nous atteindrons nos objectifs.

*  *  *

Actuellement, une tempête géopolitique destructrice s’est éclatée sur la planète.

C'est pourquoi nous devons poursuivre fermement une ligne stratégique visant à défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'État, à garantir les intérêts fondamentaux de notre peuple. C'est la tâche la plus importante.

Nous devons préserver notre principal atout – l'indépendance, renforcer les fondements de l'identité nationale et nous concentrer sur la transformation du pays. C'est notre devoir sacré envers les générations futures.

Ce n'est pas le moment d'ériger des barricades politiques, d'organiser des manifestations pour quelconque raison, d'insister sur des décisions douteuses, de formuler des exigences inconditionnelles, de s'en prendre aux policiers qui font leur travail. Tout cela discrédite notre peuple aux yeux de la communauté internationale. Les événements tragiques de Janvier ont déjà eu de graves répercussions sur la réputation de notre pays, il faut l’admettre.

Des réformes politiques chaotiques peuvent conduire à un affaiblissement de l'État, avec des conséquences désastreuses pour sa souveraineté et son intégrité.

Il existe de nombreux exemples de ce phénomène dans l'histoire mondiale, l’histoire ancienne et récente, lorsque certains pays ont perdu de vastes parties de leur territoire et ont sombré dans le chaos et l'anarchie.

Le cap sur la construction du Nouveau Kazakhstan vise à changer le paradigme du développement du pays. Nous réfléchissons à chaque étape et suivons fermement la voie prévue.

Dans le Nouveau Kazakhstan, nous devons invariablement suivre le principe «des opinions différentes, mais une seule nation».

La haute culture du dialogue et du compromis sera l'un des facteurs majeurs de la consolidation de la solidarité civile dans notre pays.

Nous nous opposerons résolument à l'ignorance et à l'archaïsme, au radicalisme et à la dépendance, au culte de la consommation et à la corruption.

Nous devons surmonter l'aliénation mutuelle, et restaurer dans la société la foi dans la réalité du changement.

Nous nous appuierons sur l'énergie, le talent et la diligence de la population.

Nous créerons les conditions les plus favorables à l'épanouissement de chaque citoyen.

C'est la seule façon de multiplier le potentiel créatif de notre peuple.

Ce n'est que de cette manière que nous créerons notre propre ère de réforme, en créant une nouvelle réalité dans tous les domaines de la vie.

Je suis convaincu qu'ensemble, nous surmonterons tous les défis et rendrons notre Kazakhstan encore plus fort.

*  *  *

Je veux que nos citoyens aient une vie heureuse, non pas demain, mais aujourd'hui.

L'indépendance est au-dessus de tout pour nous.

Dans ce monde instable, personne n'a besoin de notre Kazakhstan, sauf nous-mêmes.

Pour moi, il n'y a rien de plus important que le bien-être de notre pays. Ma principale préoccupation est de savoir quel sera l'avenir de notre nation.

Indépendamment de ce que les gens pensent de mes performances, ma responsabilité la plus importante est de protéger notre statut d'État.

Et je suis prêt à en assumer l'entière responsabilité.

Mon devoir sacré est d'être fidèle à l'héritage de mes ancêtres.

Le Nouveau Kazakhstan est l'héritage de la génération actuelle à l'avenir.

Construisons ensemble le Nouveau Kazakhstan!

Que prospère notre patrie sacrée!