Discours du Président de la République du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev sur l’état de la Nation " Le Kazakhstan à l’ère de l’intelligence artificielle : enjeux actuels et solutions par la transformation numérique "

Discours du Président de la République du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev sur l’état de la Nation " Le Kazakhstan à l’ère de l’intelligence artificielle : enjeux actuels et solutions par la transformation numérique "

Discours du Président de la République du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev sur l’état de la Nation

 LE KAZAKHSTAN A L’ERE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : ENJEUX ACTUELS ET SOLUTIONS PAR LA TRANSFORMATION NUMERIQUE

 Mesdames et Messieurs les députés,

La nouvelle session du Parlement a été ouverte la semaine dernière. Je vous souhaite plein succès dans vos travaux. Il est certain que la session écoulée a été productive. De nombreuses lois nécessaires au pays ont été adoptées, et les questions préoccupant nos citoyens ont été largement débattues.

Pendant les vacances d’été, les députés se sont rendus dans les régions et ont rencontré les habitants locaux. Il est désormais nécessaire d’analyser les problèmes soulevés par les citoyens, de les examiner avec le Gouvernement et de les prendre en compte dans le cadre de la session en cours. De manière générale, les députés du Parlement jouent un rôle important dans la mise en œuvre des réformes profondes dans notre pays. Je vous exprime ma profonde reconnaissance.

Mes chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs les députés,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Le monde est entré dans une nouvelle ère historique, qui, de toute évidence, ne sera pas facile pour l’ensemble de l’humanité. Les contradictions mutuelles entre grandes puissances mondiales et alliances interétatiques s’intensifient. En raison de l’escalade des tensions et de l’agressivité dans les relations internationales, le nombre de guerres et de conflits augmente.

Dans la politique intérieure et extérieure de certains pays, les tendances d’un nationalisme extrême se renforcent. Les déséquilibres et les inégalités dans le développement économique mondial s’accentuent. Certains états prennent toujours plus de retard, tandis que d’autres réalisent des progrès remarquables dans le domaine de l’intelligence artificielle.

L’érosion du droit international devient manifeste, et l’on constate un affaiblissement du rôle et du statut de l’Organisation des Nations Unies dans la résolution des problèmes majeurs de notre époque. Les catastrophes écologiques et technogènes se multiplient, causant d’énormes pertes aux économies nationales.

La conception occidentale du multiculturalisme, de l’harmonie interethnique et interreligieuse traverse une crise. Les fondements des cultures et traditions nationales sont ébranlés sous l’influence de forces mondialistes destructrices. La crise migratoire s’aggrave, les flux de réfugiés augmentent, ainsi que le trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues.

De toutes nouvelles formes de menaces à la sécurité de l’humanité sont apparues, y compris celles liées à l’utilisation d’armes extrêmement dangereuses fonctionnant sur la base de l’intelligence artificielle. Il existe également d’autres facteurs qui témoignent d’un changement fondamental du paradigme géopolitique. En d’autres termes, un nouvel ordre mondial est en train de s’instaurer.

Le Kazakhstan est une partie intégrante de la communauté internationale, un pays situé au cœur même du continent eurasiatique. Malgré l’instabilité mondiale, nous avons franchi une étape décisive dans l’ère de la numérisation totale et de l’intelligence artificielle.

Ma mission principale est d’assurer le développement socio-économique stable et la sécurité du Kazakhstan en cette période de turbulences et de dangers. Notre jeune génération doit vivre dans le bonheur et la prospérité. Pour cela, nous devons travailler avec acharnement, en tant que nation unie. C’est notre cause commune, notre devoir civique et patriotique.

Mais, aussi difficile que cela puisse être, nous devons absolument réussir. Nous n’avons pas d’autre choix, car l’avenir de notre pays et le destin de notre peuple en dépendent. C’est pourquoi nous devons aborder toutes les réformes avec prudence et réflexion, en accordant une attention particulière à leur mise en œuvre qualitative.

Comme vous le savez, grâce aux vastes transformations menées ces dernières années, notre système politique est devenu plus progressiste et plus ouvert. L’état d’esprit et la conscience des citoyens évoluent vers une confiance accrue dans les institutions de l’État. Les principes de Légalité, de Justice et d’Ordre s’affirment dans la société. Cependant, un immense travail de modernisation de la société reste encore à accomplir.

Des réformes économiques d’envergure ont été lancées dans le pays. D’importants investissements sont consacrés à la construction d’infrastructures et à l’ouverture de nouvelles industries. Il est évident que toutes ces mesures visent à améliorer le bien-être de la population et à renforcer le potentiel de notre pays.

Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle influence déjà la vision du monde et le comportement des gens, en particulier des jeunes. Il n’existe pas d’alternative, car ce processus transforme radicalement l’ordre mondial et le mode de vie de toute l’humanité. Nous devons nous y préparer. Il faut agir avec détermination, car tout retard est lourd des conséquences les plus graves. C’est pourquoi j’ai fixé pour tâche stratégique, de par son importance, de transformer le Kazakhstan en un pays pleinement numérique dans un délai de trois ans.

Sur la base d’une numérisation à grande échelle et de l’introduction active des technologies d’intelligence artificielle, nous devons procéder à la modernisation de l’économie. Comme première étape, il convient d’accélérer l’adoption du Code numérique. Ce document doit définir les orientations clés de la numérisation, y compris l’intelligence artificielle, l’économie des plateformes, l’utilisation des mégadonnées et d’autres aspects.

Pour intégrer le nouveau modèle technologique, il sera nécessaire de réorganiser l’ensemble du système de gouvernance publique, en multipliant sa transparence, son efficacité et son orientation vers le citoyen. C’est pourquoi je considère qu’il est nécessaire de créer, sur la base du ministère sectoriel actuel, un Ministère de l’Intelligence artificielle et du Développement numérique, qui devra être dirigé par un spécialiste ayant le rang de Premier ministre adjoint.

Le Gouvernement est chargé de veiller à l’intégration généralisée de l’intelligence artificielle pour moderniser tous les secteurs de l’économie. Afin de renforcer la compétitivité du Kazakhstan, nous devons revoir nos approches de travail. Compte tenu de ce qui vient d’être dit, je souhaiterais m’arrêter sur les tâches clés suivantes.

PREMIÈREMENT. Malgré l’intensification de la concurrence mondiale pour le capital, notre pays doit attirer d’importants investissements.

Nous devons lancer un nouveau cycle d’investissements. La politique actuelle dans ce domaine ne peut être qualifiée d’efficace. Une part importante des capitaux est orientée vers les secteurs extractifs.

Dans l’ensemble, ce n’est pas une mauvaise chose. Ces investissements nous sont nécessaires. Mais désormais, nous avons une autre tâche – orienter les investissements vers l’industrie manufacturière. C’est pourquoi le gouvernement doit revoir sa politique d’investissement. Si nécessaire, il est possible de prévoir des mesures préférentielles pour les investisseurs travaillant dans le domaine des hautes technologies.

En outre, il est indispensable de soutenir à parts égales les investissements publics et les initiatives privées d’envergure. Il faudra agir sur un large front, en collaboration avec les grands investisseurs, mais aussi les investisseurs moyens et petits. Nous devons définir clairement où, pourquoi et dans quel volume nous avons besoin de capitaux. La « demande d’investissement » doit être formulée conformément aux besoins du secteur productif.

Dans le pays, il s’est formé un système d’interaction avec les investisseurs lourd et fragmenté. Ce système conduit inévitablement à la bureaucratie et au chevauchement des fonctions. Dans la situation complexe actuelle, l’attraction des investissements est une tâche prioritaire qui exige de nous de nouvelles approches.

Je tiens à souligner tout particulièrement que, dans tous les cas, l’ensemble du travail organisationnel lié à l’attraction des investissements est entièrement confié au Premier ministre. Il n’est pas nécessaire de créer un nouveau ministère. Toutefois, il est frappant de constater qu’aucune structure étatique ne comporte le mot « investissements » dans son intitulé. Cette question relève de trois ou quatre organismes différents et ne trouve pas de solution efficace. C’est pourquoi j’accorde au Premier ministre un délai de dix jours pour élaborer des propositions concrètes. En outre, je charge le Gouvernement d’élaborer dans les plus brefs délais un plan d’action visant à renouveler en profondeur le système d’attraction des investissements.

À mon avis, le moment est venu de renommer le Comité pour le retour des avoirs illégaux relevant du Parquet général en Comité pour la protection des droits des investisseurs. Je souligne que le Parquet général a accompli un travail considérable avec les détenteurs d’avoirs illégaux. Environ 850 milliards de tengués ont été restitués au trésor. Ces fonds ont été alloués à la construction de dix écoles et de quatre installations sportives, ainsi qu’à la construction et à la modernisation de 235 établissements de santé et 177 infrastructures hydrauliques. De nouvelles rentrées dans le budget républicain sont attendues.

Il est nécessaire d’examiner attentivement les principes d’octroi des préférences fiscales aux investisseurs et de les appliquer de manière raisonnée, en privilégiant les projets rentables et stratégiques pour l’économie nationale. Le mécanisme des accords d’investissement a, dans l’ensemble, fait ses preuves.

Afin de créer des sources d’investissement supplémentaires, il convient de repenser le rôle du Fonds national en tant qu’instrument de développement durable. Les ressources du Fonds doivent être utilisées de manière réfléchie pour financer des projets de petite envergure, mais dotés d’un fort potentiel commercial dans notre pays.

L’essentiel est de faire preuve de responsabilité dans la répartition des ressources. Si nécessaire, cette mission peut impliquer des gestionnaires et des investisseurs internationaux disposant d’une expertise de qualité.

Le Gouvernement, conjointement avec la Banque nationale, doit élaborer un programme d’investissement dans les secteurs de haute technologie de l’économie pour un montant allant jusqu’à un milliard de dollars.

Pour réussir le lancement du nouveau cycle d’investissements, il est nécessaire d’impliquer plus activement les banques de second niveau dans le financement du secteur réel. Cette question fait l’objet de discussions actives depuis longtemps. Le moment est venu de prendre des décisions concrètes.

Aujourd’hui, au Kazakhstan, les actifs et le capital bancaires sont, en moyenne, plusieurs fois plus rentables que dans les pays développés. Cela s’explique par le fait que les banques nationales trouvent plus avantageux d’investir dans des instruments à faible risque que dans le financement de l’économie. Cette question a été soulevée à plusieurs reprises par les députés et les experts. La Banque nationale et le Gouvernement doivent de toute urgence trouver des instruments efficaces pour intégrer dans le circuit économique la liquidité excédentaire des banques.

Une étape importante dans cette direction sera l’adoption de la loi sur les banques, qui tiendra compte des évolutions technologiques et des besoins de l’économie. La loi devra prévoir des mesures visant à renforcer la concurrence et à attirer de nouveaux acteurs sur le marché, ainsi que des dispositions sur le développement de la fintech et la libéralisation de la circulation des actifs numériques.

Le Gouvernement, conjointement avec l’Agence de régulation du marché financier, doit examiner en profondeur ce projet de loi. Je demande aux députés de l’adopter avant la fin de l’année.

Il convient d’accélérer la mise en place d’un écosystème complet d’actifs numériques. L’introduction du tenge numérique y contribue déjà. Il est actuellement utilisé pour financer des projets issus du fonds national. Il est désormais temps de généraliser l’utilisation du tenge numérique dans le cadre du budget républicain et des budgets locaux, ainsi que des budgets des holdings publics.

Compte tenu des réalités actuelles, il est nécessaire de mettre l’accent sur les cryptoactifs. Sur la base de la société d’investissement de la Banque nationale, il convient de créer un Fonds public des actifs numériques, qui constituera une réserve stratégique en cryptomonnaies, composée des actifs les plus prometteurs du nouveau système financier numérique.

Avec ses avantages évidents et ses opportunités, la numérisation totale, y compris dans le secteur bancaire, comporte également certains défis. Ces dernières années, la fraude en ligne est devenue l’une des menaces les plus graves pour la sécurité financière de l’État et des citoyens. Pour lutter contre la cybercriminalité, un Centre antifraude a été créé, l’identification biométrique a été mise en place, et la responsabilité des banques, des organisations de microfinance et des opérateurs de télécommunications en matière de prévention des opérations frauduleuses a été renforcée. Mais ce problème exige une attention constante et un perfectionnement continu du travail des autorités compétentes.

Nous devons mettre en place un système intelligent de lutte contre la cybercriminalité. Si nécessaire, il convient d’apporter des ajustements à la législation et aux pratiques des forces de l’ordre.

Dans de nombreux pays en développement rapide, les « villes de développement accéléré » sont devenues des pôles d’attraction pour les investissements et les technologies. Notre nouveau centre d’activité économique et d’innovation doit être la ville d’Alatau. Pour la réalisation de ce projet de portée nationale, un territoire a été alloué, la planification initiale a été achevée et les principaux réseaux d’infrastructure ont été raccordés.

Lors de ma récente visite en Chine, des accords de plusieurs milliards ont été conclus avec des entreprises de renommée mondiale. L’une de ces entreprises, ayant participé à la construction du technopôle mondial de Shenzhen, sera directement impliquée dans la mise en œuvre du projet Alatau City.

L’étape suivante doit consister à créer une base institutionnelle solide pour Alatau City. Il est nécessaire, dans un délai de dix jours, de préparer un projet de décret conférant à la ville un statut spécial, la plaçant directement sous l’autorité du Gouvernement. Ensuite, dans un délai ne dépassant pas six mois, il conviendra d’adopter une loi distincte, qui définira le régime de gestion de la ville, le modèle financier et d’autres aspects essentiels.

Je souligne que le statut juridique spécial n’est pas un privilège, mais une mesure nécessaire, un instrument sans lequel tout ce qui est prévu risque de rester lettre morte. Alatau City doit devenir la première ville entièrement numérique de la région – allant de l’application des technologies Smart City à la possibilité de payer des biens et services en cryptomonnaies. Cette ville incarnera l’image du Kazakhstan du futur, alliant progrès technologique et cadre de vie le plus confortable possible.

Ensuite. Dans l’attraction des investissements dans les régions, un rôle particulier est attribué aux zones économiques spéciales (ZES), mais le travail de la majorité d’entre elles demeure insatisfaisant. Ce constat a déjà été formulé à plusieurs reprises.

Pour accroître l’efficacité des ZES, le Gouvernement doit, sur la base d’une expertise approfondie, se préparer à prendre des mesures décisives. Il est possible d’impliquer des entreprises privées, y compris étrangères, dans la gestion des zones économiques spéciales.

Les corporations de développement social et entrepreneurial (SPK) doivent également devenir des moteurs clés de la croissance économique des régions. Cependant, en pratique, beaucoup de ces corporations se limitent à la gestion des biens communaux et à la réalisation de projets secondaires, n’ayant pas d’impact significatif sur les économies régionales. Le Gouvernement doit transformer ces corporations en véritables institutions de développement.

L’attraction réussie des investissements est le résultat d’un travail coordonné non seulement des organes exécutifs centraux, mais aussi des autorités locales. Afin de renforcer la responsabilité directe de tous les akims, il est nécessaire de mettre en place, sur la base de l’Agence de planification stratégique et de réformes, un indice d’attractivité des investissements des régions. Il conviendrait peut-être d’associer des experts indépendants à ce travail.

La question clé pour créer un climat d’investissement favorable est la stabilité macroéconomique. Mais aujourd’hui, le principal problème est l’inflation élevée, qui « avale » la croissance des indicateurs économiques et des revenus de la population. Il n’existe pas de solution prête à l’emploi à ce problème. La plupart des états y sont confrontés, il est en quelque sorte universel, mais dans nos conditions il a pris un caractère particulièrement aigu.

Nous devons sortir de ce cercle vicieux macroéconomique. Les difficultés, qui ne sont pas apparues hier, doivent être surmontées en tenant compte de l’expérience mondiale avancée et en étant prêts à assumer la responsabilité de mesures impopulaires.

Le Gouvernement et la Banque nationale doivent agir comme une seule équipe, compte tenu de la complexité de la situation, face à une tâche d’importance nationale. Ce n’est pas le moment de se livrer à un tir à la corde.

DEUXIÈMEMENT. Il est temps de donner un nouvel élan au développement de l’industrie manufacturière.

Au cours des cinq dernières années, nous avons obtenu certains résultats. La valeur ajoutée brute dans l’industrie manufacturière a doublé, atteignant près de 17 000 milliards de tengués. Dans la structure du PIB, la part du secteur manufacturier s’élève à 12,4 %. Rien que l’an dernier, 163 nouvelles unités de production ont été mises en service, créant 12 500 emplois permanents.

À titre d’exemple, dans les régions d’Almaty, de Kostanaï, de Karaganda et d’Atyrau, d’importantes entreprises de construction mécanique et métallurgique ont été ouvertes. Et déjà cette année, à Almaty, a été inaugurée la plus grande usine automobile multimarque du Kazakhstan.

Mais cela est insuffisant. Il faut accélérer la diversification de l’économie. La priorité doit être donnée à la production issue de la transformation approfondie, compétitive sur les marchés national et international. Actuellement, le travail dans ce domaine demeure sans approche systématique. En règle générale, les mesures de soutien sont mises en œuvre par différents organismes, avec des approches et des conditions disparates, ce qui crée de la confusion pour les entrepreneurs. Nous devons rationaliser les approches et d’assurer une action coordonnée.

Le complexe minier et métallurgique reste traditionnellement le pilier fiable du cadre industriel du Kazakhstan, représentant 8 % de l’économie nationale. Mais ce secteur dispose d’un important potentiel de croissance, notamment dans la production de produits à plus forte transformation. Compte tenu des tendances mondiales, les terres rares et autres matériaux critiques revêtent une importance particulière. Dans ce domaine, le Kazakhstan possède toutes les capacités pour s’intégrer solidement dans les chaînes mondiales de production et de commerce.

Dans les trois prochaines années, nous devons lancer au moins trois entreprises spécialisées dans la production de biens high-tech dans ce domaine. Le Gouvernement devra également mettre en œuvre une série de projets phares de transformation approfondie des matières premières hydrocarbures.

Il faut assurer la mise en service en temps voulu d’un grand complexe gazochimique à Atyrau et d’une usine de transformation approfondie du gaz liquéfié à Pavlodar. Il est essentiel de changer radicalement l’approche de l’utilisation du gaz associé et du gaz de pétrole liquéfié, qui doivent devenir de véritables ressources économiques.

Lors de la réalisation des projets, les investisseurs sont confrontés à une pénurie de gaz. Pour résoudre ce problème, il convient d’élaborer un mécanisme garantissant des livraisons de gaz sûres et à long terme. Afin de mettre en œuvre à temps tous les projets prévus et d’assurer la transformation numérique de l’économie, il faut des volumes d’électricité suffisants.

Une modernisation à grande échelle des sources d’énergie a été lancée dans le pays, et de grands projets avec la participation d’investisseurs étrangers sont en cours. Par exemple, au cours des cinq prochaines années, l’introduction de 6,3 GW d’énergie «verte» est prévue, ce qui augmentera considérablement sa part dans le mix énergétique.

Pour le Kazakhstan, la transition énergétique n’est pas une fin en soi, mais un instrument de développement durable, fondé sur les capacités réelles du système énergétique et les intérêts stratégiques de l’État à long terme. À cet égard, l’orientation stratégique vers le développement de l’énergie nucléaire est essentielle. Il y a un mois, dans la région d’Almaty, a été lancée la mise en œuvre du premier projet de centrale nucléaire du Kazakhstan, en coopération avec la corporation «Rosatom». Pour garantir une croissance économique stable, cela ne sera probablement pas suffisant. Nous devons dès à présent commencer à planifier la construction d’une deuxième, voire d’une troisième centrale nucléaire.

Lors de ma récente rencontre avec le Président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, il a été convenu d’un partenariat stratégique entre nos deux pays dans le secteur nucléaire. Le Kazakhstan est prêt à coopérer avec toutes les entreprises mondiales sur une base mutuellement bénéfique, ce qui correspond à l’objectif de garantir notre souveraineté énergétique.

Compte tenu des énormes réserves de charbon de haute qualité au Kazakhstan, il convient d’accorder une attention particulière au développement de l’énergie charbonnière, en recourant aux technologies avancées garantissant sa propreté. Nos atouts naturels doivent être utilisés avec compétence au service du développement du pays.

La tâche clé demeure le développement de la prospection géologique. Les études aéro-géophysiques exhaustives menées dans le pays sont désormais totalement obsolètes.

Il est nécessaire d’établir des cartes modernes de nos sous-sols, en utilisant des outils numériques. Cela permettra d’évaluer le potentiel de nos gisements à un tout nouveau niveau. L’expertise internationale peut également être mobilisée dans ce travail. Une prospection géologique réussie est impossible sans une base scientifique solide.

D’ici la mi-année prochaine, sur la base du Service géologique national, il convient d’ouvrir un laboratoire certifié conforme aux normes internationales les plus avancées. Il est nécessaire d’accélérer le processus de numérisation et de systématisation de toutes les informations géologiques, notamment par l’introduction de l’intelligence artificielle. Il faut achever d’ici la fin de l’année la formalisation législative et pratique des réformes dans le domaine de la prospection géologique et de l’exploitation des ressources du sous-sol.

TROISIÈMEMENT. Le secteur agricole doit atteindre un nouveau niveau de développement.

Afin d’assurer une percée qualitative dans ce secteur, l’État a mené ces dernières années des réformes systémiques et alloué des ressources considérables. Cette année, un montant record d’un trillion de tengués a été destiné au soutien des agriculteurs. Les crédits nécessaires ont été octroyés en temps voulu. Jamais auparavant notre pays n’avait bénéficié d’un financement d’une ampleur aussi inédite.

Cependant, les mesures prises restent insuffisantes pour exploiter pleinement le potentiel considérable de notre complexe agro-industriel national. Le problème ne réside pas dans le volume des ressources allouées, mais dans leur utilisation efficace. Pour passer à une agroéconomie moderne, le Gouvernement doit disposer d’un plan concret.

Actuellement, avec la participation d’investisseurs kazakhstanais et étrangers, un certain nombre de grands projets de transformation approfondie des produits agricoles sont mis en œuvre. Les investissements cumulés dépassent deux milliards de dollars. Plus de trois mille emplois seront créés. La production est orientée vers l’exportation vers divers pays. De tels projets doivent être développés à grande échelle. Dans chaque région, en tenant compte de ses spécificités, il est important de mettre en place des chaînes intégrées complètes, allant du producteur à l’étal.

Dans de nombreuses régions, il existe des entreprises agroalimentaires verticalement intégrées, bien connues du grand public. Ces entreprises se distinguent par une utilisation étendue des technologies numériques, qui permettent d’accroître l’efficacité de la production. Le succès des principaux producteurs agricoles s’explique également par la mise en place d’un cycle complet de production, de la culture des produits agricoles jusqu’à leur transformation approfondie. Il est donc nécessaire de créer des conditions systémiques pour diffuser l’expérience de ces agroholdings.

C’est une tâche qui incombe au ministère compétent et aux associations publiques. De telles mesures permettront d’établir une base pour une application plus large des innovations et des développements scientifiques dans l’agriculture.

L’accent clé doit désormais être mis sur le développement des agrohubs et des centres logistiques, ainsi que sur l’établissement de partenariats stratégiques avec des investisseurs étrangers. Cependant, pour instaurer une coopération d’investissement productive, les entrepreneurs nationaux doivent connaître et comprendre les tendances actuelles du business et utiliser dans leurs activités les technologies de pointe, y compris l’intelligence artificielle.

Le ministère doit également élaborer un plan de soutien aux entreprises agricoles dans le secteur de l’élevage et mettre en place des mécanismes efficaces de financement. L’objectif est non seulement de garantir un approvisionnement complet du marché intérieur en viande, mais aussi de renforcer le potentiel d’exportation.

La tâche stratégique du Gouvernement est de réduire au minimum la dépendance du marché alimentaire national vis-à-vis des importations. Bien sûr, une autosuffisance totale est impossible, et probablement inutile, mais la situation actuelle sur notre marché est tout simplement honteuse.

En outre, il convient de promouvoir activement les produits nationaux traditionnels sur les marchés étrangers. C’est pourquoi un plan concret d’exportation agricole est nécessaire, prenant en compte la logistique, les normes vétérinaires et phytosanitaires, ainsi qu’une stratégie marketing efficace. Cette mission ne relève pas uniquement du Ministère de l’Agriculture, mais de plusieurs organes de l’État ; une coordination des actions au niveau du Gouvernement est donc indispensable.

Le Gouvernement est tenu de défendre avec des arguments solides des conditions équitables dans le développement du commerce eurasiatique, et les députés doivent protéger les droits des producteurs nationaux par des initiatives législatives.

Il est apparu que nos entrepreneurs ne bénéficient pas du même volume de soutien public que les entreprises d’autres pays de l’Union économique eurasiatique (UEEA) et se trouvent donc en position désavantageuse, contraints de céder même leur propre marché à leurs concurrents. Cette situation concerne notamment les producteurs de lait.

Une ressource stratégique, qui doit servir au développement du pays et au bien-être de tous les citoyens, est bien entendu la terre. J’ai initié un travail de grande envergure visant à reprendre les terres agricoles inutilisées ou acquises illégalement afin de les redistribuer. La terre ne doit pas rester sans propriétaire, elle doit être attribuée uniquement à ceux qui comprennent sa valeur.

Depuis 2022, plus de 13,5 millions d’hectares de terres agricoles ont été récupérés. Cependant, parmi ces terres restituées, seuls 6 millions d’hectares ont été redistribués par les akims à de nouveaux exploitants. Il est évident que les terres agricoles autrefois inutilisées doivent devenir des centres de production, d’investissements et d’emplois.

À cet égard, la tâche des akims est d’intégrer dans l’exploitation permanente toutes les terres agricoles restituées d’ici la mi-2026. Cette mesure permettra également de résoudre le problème du manque de pâturages.

Pour éliminer les abus et la bureaucratie dans les relations foncières, il est nécessaire de modifier fondamentalement le mécanisme d’attribution des terres agricoles. Les décisions relatives à la répartition des terres doivent être prises au format numérique, sur la base de concours électroniques. Le Gouvernement doit proposer d’ici la fin de l’année les modifications législatives appropriées.

Dans ce domaine, il est particulièrement important de recourir plus largement aux technologies numériques. Déjà aujourd’hui, le cosmomonitoring et la géo-analytique permettent d’identifier les terres inutilisées et de les remettre en exploitation. Nous devons aller plus loin.

Il est nécessaire d’améliorer l’efficacité du suivi satellitaire des terres agricoles grâce à l’intelligence artificielle, sur la base de laquelle devra être menée une analyse approfondie de la qualité des sols, des rendements, de l’état et de la répartition des cultures agricoles. D’ailleurs, cela concerne également la gestion forestière. Dans la région du Kazakhstan du Nord, 9 000 hectares de forêt sans propriétaire ont été récemment découverts.

En outre, il convient de créer une carte numérique unifiée des ressources foncières, intégrant les données cadastrales, les informations sur l’exploitation du sous-sol et les infrastructures.

Une croissance durable et dynamique du complexe agro-industriel est désormais impossible sans un développement accéléré de la recherche agronomique appliquée. Toutefois, malgré des investissements budgétaires considérables, le rendement de la recherche agricole reste faible. Le taux de commercialisation des innovations ne dépasse pas 17 %, et seulement 40 % des diplômés spécialisés choisissent de travailler dans ce domaine. Le fossé entre la science agricole et « la vie sur le terrain » persiste.

J’avais précédemment chargé de transformer le Centre national de recherche et d’éducation agricoles en un hub agro-technologique. Il est nécessaire d’élaborer un plan clair de développement de la recherche agricole, axé sur l’application des technologies numériques et l’augmentation substantielle de la productivité du secteur. Une attention particulière doit être accordée à la médecine vétérinaire et à la phytopathologie, dont le faible développement limite gravement la compétitivité de notre complexe agro-industriel.

QUATRIÈMEMENT. Il est essentiel de continuer à développer le secteur du transport et de la logistique.

Comme on le sait, notre pays est un maillon essentiel entre l’Europe et l’Asie. Ainsi, l’an dernier, le volume de fret transitant par notre territoire a dépassé 1 milliard de tonnes.

Cependant, d’importantes réserves existent encore pour accroître le potentiel de transit du pays. Le corridor «Nord-Sud» ouvre un accès direct aux marchés des pays du Golfe Persique et de l’Asie du Sud. Quant au corridor «Est-Ouest» et à l’initiative mondiale chinoise « Une ceinture, une route », ils renforcent le rôle du Kazakhstan en tant que pont terrestre majeur de l’Eurasie.

Le développement du corridor de transport transcaspien revêt également une importance stratégique pour le Kazakhstan. Tous ces itinéraires doivent fonctionner comme un système intégré, générant pour notre pays des revenus substantiels, de nouveaux investissements dans les infrastructures et des emplois de qualité. Des solutions numériques doivent être mises en place à grande échelle, faute de quoi aucune efficacité ne sera atteinte.

Nous devons s’atteler de manière concrète à la question de la connectivité régionale des transports. Ce sujet est aujourd’hui largement discuté, y compris lors de forums internationaux. Pour le Kazakhstan, en tant que vaste territoire de transit, cette orientation est d’une importance particulière.

Récemment, la première cargaison de blé a été expédiée au vietnam via le port chinois de lianyungang. Il est également prévu de construire une ligne ferroviaire «turgundi-herat» en afghanistan, avec une perspective d’accès au marché pakistanais. Mais les possibilités d’ouverture de nouveaux corridors de transport et de nouveaux marchés ne s’arrêtent pas là. Beaucoup reste à faire.

Dans le même temps, la concurrence mondiale pour le transit s’intensifie, avec l’émergence d’itinéraires alternatifs moins coûteux. Pour accroître le volume des transports de transit, il faut agir de manière proactive.

Je tiens à rappeler une fois de plus que, pour moderniser les infrastructures et assurer la compétitivité dans le secteur du transport et du transit, il est indispensable d’exploiter pleinement les technologies numériques et l’intelligence artificielle.

Cette année sera achevée la construction de la deuxième ligne ferroviaire «Dostyk-Moyinty», longue de 836 kilomètres. Ce projet, mis en œuvre en un temps record grâce à nos propres ressources, revêt une importance particulière. Il permettra d’augmenter considérablement la capacité du corridor «Est-Ouest».

Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Le Gouvernement doit garantir la mise en œuvre en temps voulu de projets tels que «Bakhty-Aïagoz» et «Kyzyljar-Moyinty». Leur lancement permettra d’achever la formation du réseau ferroviaire national.

De plus, il est nécessaire de développer les autoroutes dans le cadre des corridors principaux. Actuellement, 13 000 kilomètres de routes sont en construction ou en rénovation dans tout le pays. Toutefois, il faut accorder une priorité particulière aux corridors de transit. Il convient d’accélérer la construction de la route «Saksaul-Beineu», qui permettra de réduire de près d’un tiers le temps de transit de la Chine vers l’Europe via le Kazakhstan.

En outre, il est nécessaire de mettre en place un nouveau modèle de gestion du système de transport, garantissant le retour sur investissement public. Il faut également donner une forte impulsion aux transports conteneurisés, dont la part dans le pays reste extrêmement faible – seulement environ 7 %, alors qu’au niveau mondial, plus de 16 % des cargaisons sèches sont transportées en conteneurs.

Le Gouvernement doit adopter un programme spécial visant à stimuler spécifiquement les transports conteneurisés. Ce programme devra également prévoir des mesures efficaces pour développer les itinéraires multimodaux.

Pour accroître la compétitivité et développer le transport intérieur, une politique tarifaire rationnelle et transparente joue un rôle clé. Le système actuel de tarification est fragmenté et manque de flexibilité. Le Gouvernement doit élaborer, d’ici la fin de l’année en cours, une politique tarifaire compétitive tenant compte de tous les modes de transport.

Les transporteurs de marchandises adressent de nombreuses plaintes concernant la lenteur excessive de toutes les procédures. En pratique, chaque service doit être traité dans des systèmes numériques distincts, et dans certains cas, on continue même à courir avec des papiers « à l’ancienne ». L’absence d’accès internet de qualité sur certains postes frontaliers et douaniers suscite encore plus d’indignation. Nous devons corriger cette situation de toute urgence.

Je charge également d’accélérer le déploiement d’une plateforme numérique multifonctionnelle de gestion des transports intégrant l’intelligence artificielle. Il est essentiel de lancer, d’ici la fin octobre, un système numérique unique de services douaniers et logistiques Smart Cargo. Ce système offrira aux entreprises privées un accès automatisé et équitable aux infrastructures.

Des travaux sont en cours pour moderniser les postes-frontières. Cette année, huit postes de passage seront entièrement mis en service. Dans les trois prochaines années, 34 autres postes seront reconstruits. C’est un projet d’une grande envergure et d’une importance capitale, car nombre de points de passage frontaliers sont en mauvais état, ne répondent pas aux normes modernes et nuisent à l’image de notre pays.

Je charge le Gouvernement et les akimats d’améliorer la qualité des services pour les transporteurs routiers à la frontière. Il est essentiel d’assurer des déplacements sans entrave sur l’ensemble du territoire du pays. Toutes les conditions doivent être créées pour le transit des marchandises selon le principe du « corridor vert ».

De nombreux citoyens expriment leur mécontentement quant à l’état des wagons (voitures). Une étape importante dans la résolution de ce problème persistant a été le lancement, à Astana, d’une usine de construction de wagons. Avec la participation d’un investisseur étranger, la production de voitures voyageurs modernes, équipées selon les normes internationales les plus avancées, sera organisée.

Ces dernières années, un travail considérable a été accompli pour moderniser les infrastructures aéronautiques. L’année dernière, de nouveaux terminaux ont été ouverts à Almaty, Chymkent et Kyzylorda. Bientôt, la construction de nouveaux aéroports à Zaïsan, Katon-Karagaï et Kenderli sera achevée. La restauration de l’aéroport d’Arkalyk a débuté.

La mise en œuvre de ces projets augmentera l’activité économique dans les régions, créera de nouveaux emplois et donnera un élan au développement d’un certain nombre de secteurs connexes. Ce travail sera poursuivi. Le développement socio-économique de la région du Torgay doit être placé au centre des préoccupations du Gouvernement.

Une autre question importante est le développement du fret aérien. Malgré une dynamique positive du transport de fret aérien, il existe un potentiel important pour une augmentation supplémentaire des volumes. J’ai déjà donné pour instruction de doubler le volume des cargaisons aériennes traitées.

Cela peut être réalisé principalement par la création d’un transporteur national de fret, avec la participation de grands partenaires étrangers. Dans le contexte de la croissance du commerce électronique et des livraisons de produits de haute technologie, le secteur du fret aérien est très rentable et extrêmement demandé. Pour cette raison, nous devons développer activement des aérohubs, en assurant leur intégration dans les chaînes logistiques mondiales. Dans le même temps, il est nécessaire d’instaurer un ordre clair dans la régulation du segment du transport de colis express afin de protéger les intérêts des consommateurs.

Partout dans le monde se développent les moyens de transport sans pilote, tels que des véhicules spécialisés et des drones destinés à la livraison de marchandises et de colis. Le Gouvernement doit créer toutes les conditions nécessaires pour le déploiement accéléré de ces technologies, y compris l’adoption des actes réglementaires appropriés.

Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, notre tâche stratégique est de devenir le principal hub aérien de l’espace eurasiatique. Ce travail doit être mené avec la participation des meilleurs spécialistes et entrepreneurs du secteur. Cependant, la responsabilité principale incombe au Gouvernement. L’état d’avancement des instructions sera examiné en début d’année prochaine, après le rapport annuel du Gouvernement, lors d’une réunion spéciale.

Un autre secteur important, où de nombreux problèmes se sont accumulés, est le tourisme. Il faut notamment reconnaître le manque de personnel qualifié. La compétitivité de ce secteur reste faible.

En juillet, j’ai chargé de remettre dans les plus brefs délais tous les sites touristiques en état. Ce travail est placé sous mon contrôle permanent. Parallèlement aux sites touristiques populaires, il est important de développer le potentiel d’autres destinations prometteuses.

Les tâches doivent être clairement réparties. Désormais, le développement intégré des infrastructures touristiques sera une priorité constante et une responsabilité des autorités exécutives locales. Au niveau central, il est nécessaire de se concentrer sur l’attraction des touristes internationaux et sur l’appui législatif de la politique touristique.

À cet égard, je souhaite souligner le tourisme de montagne et de ski à Almaty et dans la région d’Almaty. Actuellement, la tâche la plus prioritaire dans ce domaine est la création d’infrastructures modernes. Si nous la réalisons pleinement, nos stations deviendront connues dans le monde entier et se transformeront en marque nationale du Kazakhstan.

CINQUIÈMEMENT. Un facteur clé du développement durable est la modernisation des infrastructures de logement, de services communaux et d’approvisionnement en eau.

En raison de l’inaction du Gouvernement et des autorités exécutives locales pendant des décennies, le secteur du logement et des services communaux du pays s’est progressivement retrouvé dans un état critique. Des mesures sont désormais prises pour inverser la situation et réduire le niveau de vétusté des infrastructures, notamment par la libéralisation des tarifs et la mise en place d’un nouveau modèle de gestion de l’énergie et des services communaux. Ce modèle doit améliorer la fiabilité et la qualité des services, proportionnellement à l’augmentation des tarifs.

La conceptualisation des « villes intelligentes » sera sans aucun doute utile et doit être étendue à toutes les régions. Nous devons recourir aux meilleures pratiques internationales et d’inviter des gestionnaires compétents, y compris étrangers.

Dans les réalités actuelles, la modernisation du secteur du logement et des services communaux est impossible sans un partenariat public-privé. C’est un principe fondamental. Nous devons réexaminer l’opportunité de maintenir certains actifs communaux sur le bilan des akimats.

Ainsi, l’État doit se concentrer sur le contrôle et la régulation du secteur, tandis que la modernisation des infrastructures et l’introduction des technologies doivent relever du secteur privé. Les structures gouvernementales doivent assurer la transparence des projets d’infrastructure, principalement grâce à des outils numériques, ce qui renforcera la confiance des citoyens envers le Gouvernement et les akimats.

Nous devons garantir la transparence dans la mise en œuvre des projets d’infrastructure, avant tout en utilisant des solutions numériques, ce qui consolidera la confiance de la population dans les actions des autorités. La modernisation des services communaux doit s’accompagner d’une amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures et du parc immobilier. Dans le secteur du logement et des services communaux, il est nécessaire d’établir de nouvelles normes écologiques et sanitaires, encourageant une consommation raisonnée.

En ce qui concerne la culture de l’économie des ressources naturelles, en particulier de l’eau, il faut reconnaître que nous avons ici de grands problèmes; comme on dit, tout reste à faire. C’est un domaine distinct de travail de sensibilisation, voire idéologique, auprès des citoyens, notamment de la jeune génération.

Nous faisons déjà face à une pénurie d’eau naturelle, tandis que le niveau de culture de consommation reste insatisfaisant. Je reviendrai plus loin sur la question de l’eau. Une attention particulière doit être portée au secteur de la construction de logements, qui affiche depuis ces dernières années des taux de croissance élevés. En 2024, 19 millions de mètres carrés de logements ont été mis en service.

Dans le même temps, pour améliorer la qualité de la construction, il est important d’utiliser la modélisation numérique des bâtiments, avec le recours à l’intelligence artificielle. Le Gouvernement doit lancer une plateforme numérique nationale qui assurera un suivi intégré, une planification et un contrôle à toutes les étapes des projets de construction.

Une base législative solide pour le développement durable, transparent et sécurisé du secteur de la construction doit être posée par le nouveau Code de la construction. Ce document doit être adopté d’ici la fin de l’année. Je demande aux députés d’apporter leur soutien.

L’une des principales conditions de la stabilité sociale, du développement durable de l’économie et de la sécurité nationale est la résolution des problèmes liés aux ressources en eau.

Au cours des deux dernières années, nous avons constitué une base institutionnelle pour y parvenir. En particulier, le Code de l’eau a été adopté et un ministère sectoriel a été créé. Cet organisme est chargé de missions d’envergure qui doivent être menées de manière systématique et non ponctuelle, avec une approche intégrée. Il est en outre important de former des spécialistes qualifiés et de préparer des experts dans le domaine de la diplomatie de l’eau.

À ce jour, les organes compétents ne disposent pas de données précises sur le volume réel des ressources en eau disponibles. Les pertes d’eau dans certains canaux atteignent 50 à 60 %. Les technologies de comptage sont totalement obsolètes, et les points de prélèvement d’eau ne sont pas équipés d’instruments modernes.

L’eau est une ressource stratégique, sans laquelle il n’y a pas de vie. Par conséquent, ce secteur doit devenir l’une des priorités de la transformation numérique nationale.

Nous devons créer une plateforme numérique unifiée des ressources en eau, qui, grâce à l’intelligence artificielle, intégrera les données relatives aux eaux de surface et souterraines. Le lancement de cette plateforme permettra de répondre pleinement aux besoins du suivi hydrogéologique. Ce travail doit s’accompagner de l’élaboration d’un Bilan national de l’eau, un instrument essentiel pour la planification à long terme de la politique de l’eau. Sans cela, il sera impossible d’établir un contrôle efficace dans ce secteur et d’attirer les investissements nécessaires.

Le déploiement des technologies d’économie de l’eau avance trop lentement et sans résultats significatifs. Pour y remédier, il faut impliquer des entreprises étrangères reconnues et, en particulier, envisager l’acquisition des technologies chinoises, qui figurent parmi les plus avancées au monde.

Malgré les risques identifiés de longue date, des cultures très consommatrices d’eau continuent d’être cultivées localement. De plus, on constate de nombreux cas de prélèvement illégal d’eau d’irrigation sans documents ni contrats d’autorisation. Une autre question qui doit être traitée par les forces de l’ordre est le commerce illégal de l’eau sur le «marché noir».

Il existe néanmoins une expérience positive concernant la mer d’Aral. Le Kazakhstan a tiré de sérieuses leçons de la tragédie de la mer d’Aral et œuvre systématiquement à sa restauration depuis plus de 20 ans. Grâce à ces efforts, nous avons réussi à sauvegarder la partie nord de l’Aral. Sa surface a augmenté de 36 % et son volume d’eau presque doublé, ce qui a permis de diviser par deux son taux de salinité. Mais les efforts visant à relever le niveau de l’eau dans l’Aral doivent être poursuivis activement.

Les citoyens s’inquiètent également de la baisse du niveau de la mer Caspienne. Si des mesures appropriées ne sont pas prises, la situation pourrait s’aggraver jusqu’à une catastrophe écologique de grande ampleur. A cet égard, lors de la récente réunion élargie de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en Chine, j’ai spécialement attiré l’attention sur ce problème et a pris l’initiative de de créer un Centre d’étude des questions de l’eau de l’OCS.

L’état de la mer Caspienne concerne non seulement le destin d’un seul pays, mais de toute la région. La situation ne pourra être redressée que par des efforts conjoints. Le Gouvernement doit commencer à élaborer un programme interétatique pour la préservation des ressources en eau de la mer Caspienne, en coordination avec ses partenaires.

Dans l’ensemble, l’avenir de nos enfants et petits-enfants dépend directement de la manière dont nous résoudrons aujourd’hui les problèmes liés à l’eau. Un rapport respectueux, raisonné et responsable envers l’environnement doit devenir une composante essentielle de notre idéologie nationale.

Comme vous le savez, depuis l’année dernière est mis en œuvre le projet national «Taza Kazakhstan», qui a rassemblé des millions de citoyens engagés à travers tout le pays. Grâce aux efforts communs, environ 860 000 hectares de territoires ont été nettoyés et plus de quatre millions d’arbres ont été plantés. Si un tel travail actif se poursuit, le Kazakhstan deviendra véritablement un pays vert, ce qui constituera un exemple remarquable et un héritage précieux pour les générations futures.

C’est une illustration éclatante des valeurs constructives et des aspirations de nos compatriotes. J’exprime ma gratitude à tous les citoyens ayant participé à ce travail, en particulier à la jeunesse. Pour ancrer dans la société une culture du respect de la propreté, le Gouvernement doit introduire un standard unifié d’éducation écologique, couvrant tous les niveaux – des écoles aux universités.

SIXIÈMEMENT. La force motrice du développement numérique du pays doit être l’entrepreneuriat.

La part des petites et moyennes entreprises (PME) dans le PIB a déjà atteint près de 40 %, et dans la structure de l’emploi – près de 50 %. Ce sont de bons indicateurs. Mais sans un développement systémique supplémentaire de ce secteur, il nous sera impossible d’accomplir un véritable bond en avant, ni dans le développement économique, ni dans l’amélioration de la qualité de vie.

Il n’est pas secret que parmi plus de deux millions d’entités de petites entreprises actives, moins de 6 % se consacrent à la production. Dans le segment des moyennes entreprises, ce chiffre est plus élevé, mais il reste peu encourageant.

L’année dernière, j’ai signé un décret «Sur les mesures de poursuite de la libéralisation de l’économie», qui a jeté les bases d’un passage à un modèle de régulation plus ouvert et orienté vers les entreprises. Mais ce décret n’est pas pleinement appliqué.

La question de stimuler l’initiative entrepreneuriale reste à l’ordre du jour, c’est pourquoi il est nécessaire de moderniser le cadre juridique. Le pays compte 21 codes et plus de 300 lois. Ils sont surchargés d’amendements, souvent contradictoires entre eux, ce qui freine le développement des affaires. Une révision approfondie de la législation est nécessaire. Les technologies d’intelligence artificielle permettent de réaliser ce travail rapidement et efficacement.

Sur la base de l’Agence de planification stratégique et de réformes sera créé un Centre d’intelligence réglementaire, dont la mission sera de mettre de l’ordre dans la législation et de préparer des solutions claires et efficaces.

Il ne faut pas compliquer la législation, mais l’adapter aux besoins des entrepreneurs et renforcer la responsabilité personnelle des ministres et des akims pour les résultats finaux. Je reçois des signaux indiquant que les organes de l’État continuent de prendre des mesures administratives excessivement sévères contre les entreprises, au lieu de mesures préventives. C’est inacceptable.

Un outil important pour protéger les entreprises contre les contrôles excessifs doit être le Registre des exigences obligatoires. Il est nécessaire d’accélérer son déploiement complet, en procédant à une révision supplémentaire des normes pour les aligner sur le Code de l’entrepreneuriat.

Nous avons accompli des progrès significatifs dans la numérisation des services publics, mais pour les entreprises, les procédures bureaucratiques restent un obstacle sérieux, et la numérisation ne remplit pas son rôle.

Il est urgent de changer cette situation, en priorité dans le domaine de l’administration fiscale. Le Comité des revenus publics doit devenir le leader de la numérisation parmi les organes gouvernementaux, en appliquant efficacement le potentiel de l’intelligence artificielle dans l’intérêt des contribuables.

Ces mesures systémiques visent à créer un modèle fondamentalement nouveau, orienté vers les services, des relations entre l’État et les entreprises.

Le nouveau Code fiscal ne doit pas simplement modifier les normes et les procédures, mais doit former une nouvelle mentalité des contribuables, fondée sur l’honnêteté et la transparence. L’État protégera les intérêts des contribuables de bonne foi, en orientant leurs impôts vers le développement du pays. Chaque tengué payé sous forme d’impôt doit revenir à la société sous la forme de services publics de qualité, d’infrastructures et de mesures de soutien gouvernemental.

Les institutions de développement doivent jouer un rôle important dans le renforcement de l’activité entrepreneuriale. Cependant, leur fonctionnement présente un certain nombre de lacunes. Il est temps de restructurer l’activité des institutions de développement. Ces structures doivent agir comme de véritables institutions de développement, avec une spécialisation sectorielle claire, une analyse approfondie et un mandat d’investissement.

Autre question extrêmement importante. Depuis de nombreuses années, la réduction du rôle de l’État dans l’économie reste à l’ordre du jour. Les organisations et entreprises publiques continuent de se multiplier de manière injustifiée, ce qui entrave le plein développement des entreprises privées.

Le pays compte déjà près de 25 000 organisations avec participation de l’État. Les fonctions et la structure de la majorité d’entre elles ne résistent à aucune critique et défient même toute logique.

En raison d’une pratique bien ancrée, consistant à utiliser des formes commerciales à outrance pour résoudre des tâches non commerciales, les coûts divers augmentent, les organes corporatifs se multiplient, et l’accent sur les résultats réels est perdu.

Je charge l’Agence de planification stratégique et de réformes, conjointement avec le Gouvernement, de préparer des propositions concrètes pour réformer le secteur public. Si nécessaire, je suis prêt à signer un décret approprié.

En outre, le Gouvernement doit mettre à jour la loi sur les biens publics, en y inscrivant des limites claires de la participation de l’État dans l’économie et des exigences juridiques acceptables en matière de gestion.

SEPTIÈMEMENT. La modernisation numérique à grande échelle de l’économie impose de nouvelles exigences au développement du capital humain.

Dans ce domaine, l’éducation joue un rôle central. Dans le cadre du projet national «Keleshek mektepteri», 150 écoles sur 217 prévues sont déjà en activité. La construction des écoles restantes doit être achevée dans un délai de trois mois.

Les technologies numériques transforment rapidement le marché mondial du travail. La demande mondiale pour des spécialistes maîtrisant les compétences liées à l’intelligence artificielle ne cesse de croître. Ainsi, à ma demande, a été lancée la plateforme Al-Sana, qui doit impliquer jusqu’à 100 000 étudiants dans des projets de haute technologie.

Cependant, le développement des compétences en matière d’intelligence artificielle doit commencer beaucoup plus tôt, dès l’école. À cet égard, il est nécessaire de mettre en œuvre une série d’initiatives. Avant tout, il faut élaborer pour les élèves un programme et des supports pédagogiques sur les bases de l’intelligence artificielle. Il est également nécessaire de former les enseignants à la maîtrise des technologies de l’intelligence artificielle.

Sur la base de l’enseignement à distance et de l’intelligence artificielle, il convient de développer un modèle d’école à classes réduites Qazaq Digital Mektebi. Cette plateforme offrira aux élèves des zones rurales un accès à des supports pédagogiques de qualité.

Il est nécessaire d’étendre l’expérience de la capitale en matière de construction de centres de développement pour enfants, en impliquant des capitaux privés. De nombreux entrepreneurs se déclarent prêts à apporter leur aide précisément dans ce domaine, et les akims doivent les impliquer plus activement dans la réalisation de ces projets.

Dans un contexte de transition vers l’économie du savoir, il est important d’intégrer la gestion de la science, de l’éducation et de l’innovation. Aujourd’hui encore, l’État reste le principal investisseur dans la science, mais le rendement des investissements budgétaires, sous forme de nouveaux brevets, technologies et productions, reste insuffisant.

La politique d’innovation doit être placée sous la responsabilité du Ministère des Sciences et de l’Enseignement supérieur. Ce ministère, en collaboration avec l’Académie des sciences, doit s’occuper activement de la coordination des instituts scientifiques et des universités. Il est nécessaire d’accorder davantage d’opportunités aux universités qui misent sur l’intelligence artificielle.

Le Gouvernement doit également prendre des mesures supplémentaires pour soutenir les chercheurs talentueux. Il faut élaborer et mettre en œuvre des mécanismes efficaces pour le retour au pays des spécialistes kazakhstanais qualifiés. La politique migratoire doit également être réorientée pour répondre aux besoins en personnel.

Il est important d’attirer de l’étranger des experts hautement qualifiés, quel que soit leur pays d’origine, capables de contribuer au développement du pays. Il faut créer des conditions pour qu’ils restent au Kazakhstan, car nous avons un grand besoin de spécialistes qualifiés, en particulier de véritables maîtres de leur métier dans les professions techniques.

En termes modernes, il nous faut des « ressources humaines de haute qualité », car des citoyens instruits et responsables constituent le socle de l’économie nationale et de l’avenir du Kazakhstan.

Il est évident que le pays a besoin de spécialistes hautement qualifiés et bien formés dans les métiers techniques. C’est pour cette raison que j’ai déclaré l’année 2025 – Année des métiers ouvriers. Aujourd’hui, des milliers de postes vacants dans divers secteurs sont proposés dans tout le pays, avec des salaires relativement élevés. Ces emplois sont souvent occupés par des travailleurs étrangers.

Chaque année, nous formons des milliers d’ingénieurs, de constructeurs et d’agronomes, pour la formation desquels l’État consacre des ressources importantes. Cependant, beaucoup d’entre eux ne travaillent pas dans leur spécialité, préférant des revenus rapides ne nécessitant pas de qualifications particulières. Bien entendu, il n’existe pas de travail «indigne», tout travail honnête est important, mais cette tendance est peu bénéfique ni pour l’individu, ni pour le pays dans son ensemble.

L’État doit créer des conditions qui incitent les gens à travailler dans le secteur productif et dans l’économie réelle. L’une des tâches clés est de renforcer le prestige des professions techniques et d’assurer une rémunération digne pour leurs représentants.

L’absence de système centralisé de suivi affecte gravement la qualité des prévisions et l’efficacité des décisions dans le domaine de la régulation du marché du travail et en particulier de la migration. Le Gouvernement doit mettre en place un système numérique unifié de suivi des flux migratoires, aussi bien à l’intérieur du pays qu’en provenance de l’étranger.

Une migration interne et externe incontrôlée crée une charge colossale sur les infrastructures de nos plus grandes villes, qui constituent des pôles d’attraction pour les citoyens.

L’exemple le plus frappant est la ville d’Astana. Rien qu’au cours des trois dernières années, la population de la capitale a augmenté de plus de 250 000 habitants, dont près de 100 000 rien que l’année dernière. Cette année, la croissance pourrait dépasser ce chiffre déjà très élevé. La charge quotidienne sur les infrastructures de la ville est en réalité calculée pour un service rendu à 1,9 million d’habitants, alors que la population officielle n’est que de 1,5 million.

Autrement dit, plus de 400 000 personnes, soit l’équivalent de la population d’une ville moyenne, sont prises en charge par la capitale en dehors de toute planification. La stabilité des systèmes de chauffage urbain et d’approvisionnement en eau est menacée.

Depuis 2022, près de 7 000 logements ont été attribués à Astana aux personnes dans le besoin, dont 1 380 appartements aux familles nombreuses, 835 aux orphelins et 665 aux personnes à besoins spécifiques.

Face à l’inaction des akims de plusieurs régions, qui ont consacré les excédents des recettes fiscales d’entreprises à des projets inefficaces, tels que la pose de pavés, les citoyens sont naturellement attirés vers la capitale, où sont proposés de tels services sociaux et avantages.

Cette situation entraîne de graves problèmes. Le nombre de citoyens socialement vulnérables a fortement augmenté, les dépenses sociales croissent plus vite que les recettes budgétaires, et la part des engagements sociaux approche d’un niveau critique.

Les infrastructures scolaires de la ville fonctionnent déjà à pleine capacité. Jusqu’à 15 nouvelles écoles doivent être construites chaque année. Il subsiste une pénurie de lits d’hôpital et une surcharge des polycliniques.

Au lieu de créer des conditions pour un développement anticipé de la ville, l’akimat est contraint d’allouer des ressources considérables aux dépenses sociales, qui représentent déjà 60 % du budget municipal. Des mesures radicales sont nécessaires pour redresser la situation.

Il est urgent de réaliser une analyse détaillée des causes de l’exode migratoire des régions vers la capitale, et de prendre des décisions visant à créer des centres alternatifs d’attraction sociale et économique dans le pays. Nous devons mettre en place le principe « les financements suivent les citoyens » et de réorienter le financement des obligations sociales des régions.

Il est également nécessaire d’uniformiser les montants des prestations sociales pour les catégories vulnérables dans toutes les régions du pays. Une politique sociale myope et conciliante menée par l’État a conduit à l’apparition de plus de cent types d’avantages sociaux, que certains citoyens, appelés «intermédiaires», s’emploient à obtenir de manière systématique.

Nous continuons encore aujourd’hui à verser des prestations et à fournir des services médicaux aux participants à des conflits survenus sur le territoire de l’ex-URSS et au-delà. L’URSS n’existe plus depuis 35 ans, mais les vétérans se multiplient et rajeunissent.

Il faut comprendre que l’État ne renonce pas à remplir ses fonctions fondamentales, mais que les avantages sociaux artificiellement gonflés détournent d’énormes ressources du développement réel. Construction d’écoles, d’hôpitaux, d’infrastructures de transport et bien plus encore.

À une époque, nos « spécialistes du social » ont inventé une nouvelle catégorie éligible aux prestations. Les familles monoparentales. En conséquence, le nombre de divorces a fortement augmenté, plaçant notre pays parmi les pires indicateurs mondiaux dans ce domaine. ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres. Nous encourageons nous-mêmes la paresse et l’assistanat social.

Pourquoi travailler, lorsque l’on peut percevoir des prestations sociales, y compris une aide sociale ciblée, pratiquement pour chaque membre de la famille ?

Autrement dit, au lieu de décisions rationnelles dans le domaine social, le Gouvernement a, pendant au moins quinze ans, en réalité encouragé l’assistanat social et, il faut le dire franchement, la fraude sociale.

Il est crucial de mener une étude approfondie des tendances démographiques et de prendre des décisions à long terme. Mais là aussi, le suivi et l’analyse des données ne sont pas correctement établis, ce qui rend difficile la prévision des besoins du marché du travail, la planification du développement des infrastructures et la résolution d’autres questions essentielles.

Sur la base de l’Agence de planification stratégique et de réformes (APSR), il convient de créer un Centre d’analyse et de prévision des processus démographiques, intégrant les outils du Big Data et les technologies d’intelligence artificielle.

Les tendances démographiques et celles du marché du travail dictent la nécessité de réviser les approches du système de retraite. Le niveau des économies de retraite reste faible, en particulier parmi les travailleurs indépendants. Le Gouvernement, conjointement avec la Banque nationale et l’APSR, doit prendre des mesures pour renforcer la stabilité financière du système de retraite, assurer un équilibre à long terme et garantir un niveau de pension décent.

La question de l’amélioration de la culture financière des citoyens reste d’actualité. Nous devons poursuivre la mise en œuvre du projet «Qaryzsız qoǵam» (Société sans dettes), initié par le parti AMANAT. Rien que l’année dernière, 845 000 personnes ont suivi des formations et reçu des consultations juridiques dans le cadre de ce projet. L’objectif final n’est pas seulement d’alléger le fardeau de la dette, mais aussi d’assurer aux citoyens un revenu stable.

L’État déploie des efforts systémiques pour développer le secteur de la santé. Le pays procède progressivement à la modernisation de l’ensemble des infrastructures médicales – des postes médicaux ruraux aux hôpitaux spécialisés.

Dans le cadre du Projet national «Modernisation des soins de santé ruraux», 540 établissements ont été construits et 115 autres devraient être mis en service d’ici la fin de l’année en cours. Dans les villes, plusieurs établissements de santé majeurs ont été inaugurés, tels que le Centre oncologique d’Astana et le Centre scientifique des maladies infectieuses d’Almaty.

Dans le même temps, il est nécessaire de mettre en service sans délais administratifs les hôpitaux pluridisciplinaires déjà construits dans diverses régions et de poursuivre la construction de nouveaux établissements similaires, y compris avec des investissements privés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). Ainsi, les citoyens n’auront plus besoin de migrer vers Astana pour recevoir des soins.

Il est également nécessaire d’intensifier les efforts dans d’autres domaines, notamment dans le développement de l’industrie pharmaceutique. L’augmentation de la production et de la gamme de médicaments nationaux est une priorité stratégique, en particulier à la lumière de l’expérience de la pandémie récente.

La stabilité financière du système de santé et l’efficacité du suivi des services médicaux restent problématiques. Dans un contexte de ressources financières limitées, le Fonds d’assurance maladie sociale agit en réalité comme un régulateur budgétaire, maîtrisant les dépenses grâce à un contrôle renforcé des prestataires.

Le Gouvernement doit mettre en place un nouveau système de suivi de la qualité et du volume des services médicaux, reposant sur les technologies d’intelligence artificielle. Des mesures globales sont prises pour rehausser le statut et la position sociale des médecins. Ces efforts se poursuivront.

Un autre problème qui affecte directement la vie et la santé des citoyens est la sécurité routière. J’ai abordé ce sujet séparément dans mon Discours sur l’état de la Nation de l’année dernière.

Certes, certains progrès ont été réalisés, mais le nombre d’accidents de la route ne diminue pas. Depuis le début de l’année, plus de 22 000 accidents ont été enregistrés. Il est évident qu’une grande partie de ce problème dépend des conducteurs eux-mêmes, car les violations du code de la route restent nombreuses.

Chaque personne doit prendre conscience de sa responsabilité pour sa propre vie et la sécurité des autres. Nous devons former une culture de conduite responsable dans toute la société.

Une attention particulière doit être accordée aux trottinettes électriques, sujet qui suscite un vif débat dans la société. Il y a deux ans, des amendements législatifs ont été adoptés, prévoyant des restrictions de circulation sur les trottoirs. Mais la situation dans les espaces publics n’a pas beaucoup évolué, et les citoyens continuent de courir des risques.

À ce jour, des amendements législatifs ont été préparés pour réglementer ce domaine, et il est nécessaire de les adopter sans délai. La vie de chaque citoyen, de chaque enfant, est inestimable, et en la matière, il n’existe aucun détail insignifiant. En fin de compte, tout cela constitue des étapes essentielles sur la voie de la construction d’un Kazakhstan sûr.

La question suivante concerne le développement de la culture et des arts à l’ère de l’intelligence artificielle. Comme auparavant, nous accordons une grande importance à ce domaine, en construisant les infrastructures nécessaires et, si besoin, en rénovant et restaurant les sites.

Les artistes font connaître nos traditions et notre culture à l’étranger, ce qui mérite reconnaissance. C’est pourquoi nous continuerons à apporter le soutien nécessaire aux acteurs du monde culturel. Cependant, dans leur travail, ils doivent s’adapter aux exigences de notre temps.

Comme vous le savez, j’attache une attention particulière au développement du sport de masse. Dans les régions, divers équipements sportifs sont construits, et l’accès des enfants aux sections sportives est élargi. Des clubs sportifs pour les personnes à besoins spécifiques et les personnes âgées sont également ouverts.

Pour que le sport et l’éducation physique deviennent une partie intégrante de la vie de la société, il est important de favoriser les traditions sportives familiales. Dans le même temps, des évolutions positives sont observées dans le domaine du sport professionnel.

J’avais précédemment chargé de limiter le financement des légionnaires à partir du budget. Les députés ont soutenu cette initiative et adopté la loi correspondante. Mais il ne faut pas s’arrêter là, il faut aller plus loin. Il est nécessaire d’accélérer le processus de privatisation des clubs de football. Aujourd’hui, quatre clubs de football kazakhstanais ont trouvé leurs propriétaires parmi des entrepreneurs connus. Je tiens à leur exprimer ma gratitude.

Mais la commercialisation du football doit être poursuivie. Sans cela, comme le montre l’expérience internationale, le football au Kazakhstan ne pourra pas se développer. Le sport professionnel doit également être considéré comme une industrie commerciale, qui, dans le monde moderne, génère des revenus considérables.

***

Les objectifs que j’ai rendus publics sont critiques pour le développement dynamique futur du Kazakhstan. Ils sont étroitement liés à la modernisation numérique du pays. L’élément clé de notre stratégie nationale doit être l’intégration généralisée de l’intelligence artificielle et la numérisation totale, capables de multiplier le potentiel du pays dans tous les domaines.

Le lancement d’un superordinateur dans notre pays est bien entendu un succès, mais il doit être considéré par le Gouvernement et par toute la société uniquement comme le point de départ d’un travail intensif et multidimensionnel visant à transformer le Kazakhstan en un véritable État numérique.

Pour atteindre efficacement cet objectif, le Gouvernement élaborera un document conceptuel unique pour le développement de la numérisation et de l’intelligence artificielle Digital Qazaqstan dans lequel toutes les initiatives et projets seront intégrés dans une stratégie nationale. En même temps, la transformation numérique en profondeur du pays n’est qu’un moyen d’améliorer la vie de nos citoyens.

Je suis convaincu qu’une politique étrangère équilibrée et constructive, conforme aux intérêts stratégiques nationaux de notre État, apportera une contribution importante au développement socio-économique durable du Kazakhstan à l’ère de la numérisation et de l’intelligence artificielle.

Le fait que de nombreux pays souhaitent développer des relations amicales et une coopération mutuellement bénéfique avec le Kazakhstan témoigne avant tout du prestige et de l’importance de notre État sur la scène internationale.

Le Kazakhstan apporte sa contribution à la résolution des problèmes internationaux majeurs et valorise la coopération avec tous les États intéressés, qu’ils soient voisins ou géographiquement éloignés.

Il y a quelques jours, j’ai effectué une visite officielle en Chine, où se sont tenues des négociations fructueuses sur l’ensemble des relations bilatérales, développées dans l’esprit d’un partenariat stratégique éternel. Mes visites en Turquie et au Kirghizistan ont également été couronnées de succès. D’ici la fin de l’année, je me rendrai en Russie et en Ouzbékistan ; nous préparons l’accueil à Astana des dirigeants de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et du Turkménistan. Des rencontres et négociations avec les dirigeants de plusieurs pays d’Asie et d’Europe sont également prévues. Le dialogue kazakhstano-américain connaît un développement actif, et nous renforçons les contacts multiformes avec l’Union européenne.

L’année en cours a été riche en dates mémorables. Avant tout, le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les cérémonies organisées à Moscou et à Pékin doivent être considérées comme un hommage éternel à la mémoire des dizaines de millions de victimes des combats de la guerre la plus sanglante de l’histoire de l’humanité, et comme un avertissement contre toute tentative de réviser ses résultats ou de déclencher un nouveau conflit mondial.

Pour la paix durable et le progrès universel, il faut rechercher des compromis, car « un mauvais accord vaut mieux qu’un bon conflit ». C’est dans cet esprit que le Kazakhstan a salué les résultats du sommet russo-américain en Alaska, ainsi que la signature de la déclaration de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie à Washington, sous la médiation du président Trump.

La deuxième date importante est le 80e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies, qui est devenue l’incarnation institutionnelle fondamentale des résultats de la Seconde Guerre mondiale. L’ONU demeure sans alternative et, selon le Kazakhstan, elle doit rester la principale plateforme de négociations pour résoudre équitablement toutes les questions internationales actuelles.

Dans le même temps, une réforme de l’ONU est devenue nécessaire, en particulier de son organe clé – le Conseil de sécurité. Je prévois de prendre la parole lors de la session jubilaire de l’Assemblée générale à New York, où je présenterai la vision du Kazakhstan de la situation internationale, y compris des propositions de réforme de l’Organisation des Nations Unies.

Mes chers compatriotes,

«La Loi et l’Ordre» constituent le pilier inébranlable de notre État. Pour ancrer ce principe dans la société, tous les organes compétents doivent élaborer une vision commune et une position unifiée.

Il est primordial de respecter le principe de tolérance zéro à l’égard de toute infraction et de toute illégalité. Il convient donc de soutenir pleinement le travail des organes publics dans ce domaine. Ce n’est qu’à cette condition qu’une intolérance à l’égard des violations, de la cruauté et de la violence se formera dans la conscience collective, et qu’un véritable «système immunitaire» contre tout phénomène antisocial émergera.

Il faut reconnaître que la grossièreté, les insultes et les bagarres sont aujourd’hui devenues des phénomènes courants, souvent observés même dans les lieux publics ou sur les routes. Il est particulièrement choquant de voir des femmes provoquer des scandales, proférer des obscénités ou adopter des comportements indécents. De tels actes sont inacceptables dans une société civilisée et culturelle et portent atteinte à l’image de notre pays sur la scène internationale.

Pour devenir une nation progressiste, nous devons nous débarrasser résolument de ces modèles de comportement négatifs. Le grand Abaï ne disait pas en vain : «Si les kazakhs ne sont pas amis entre eux, la vie autour d’eux sera insupportable» («Біріңді қазақ, бірің дос, көрмесең істің бәрі бос»). La culture, la décence et l’éducation doivent commencer avec chaque citoyen et chaque famille.

Dans cette époque d’instabilité, où le renforcement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays est devenu une priorité absolue, nous devons préserver notre unité indéfectible. Si notre peuple est uni et si la situation intérieure est stable, nous surmonterons toutes les difficultés et relèverons tous les défis. À cet égard, j’appelle tous mes compatriotes à chérir et à préserver la paix dans notre pays.

Chaque citoyen doit être un homme d’État et un patriote. Aujourd’hui, l’essence et le contenu du mot «patriotisme» évoluent. Autrefois, cette notion se mesurait principalement aux valeurs traditionnelles. La langue, la culture et la spiritualité étaient considérées comme le fondement des intérêts nationaux. Bien entendu, tout cela reste les piliers de notre identité nationale. Personne ne nous les enlèvera, il n’y a aucune raison de s’en inquiéter.

La jeunesse instruite d’aujourd’hui perçoit le «patriotisme» différemment. La nouvelle génération rejette le radicalisme religieux et le nationalisme extrême. Pour elle, les principales manifestations du patriotisme sont la création et l’innovation.

 

Les jeunes estiment que l’amour de la patrie consiste à contribuer au bien de la société, en réalisant des découvertes et en lançant de nouvelles initiatives. Ils souhaitent voir le Kazakhstan comme un État développé et prospère, et apprennent les technologies modernes afin que notre peuple soit à l’avant-garde du progrès.

Pour la jeune génération, le patriotisme signifie un regard tourné vers l’avenir. Cela se reflète clairement dans les changements actuels de la conscience collective. Je soutiens pleinement cette position. J’ai foi dans les forces, les talents et les connaissances de notre jeunesse.

Nous n’oublions pas qui nous étions hier, nous honorons notre histoire ancienne, mais nous comprenons bien que notre avenir dépend uniquement de nous. C’est pourquoi nous soutiendrons toujours les jeunes qui aspirent à la connaissance et qui se soucient de la prospérité du pays.

Tout le travail à grande échelle que nous menons vise l’avenir radieux des jeunes générations. C’est à elles qu’il reviendra demain de récolter les fruits des transformations en cours et de poursuivre dignement l’œuvre entreprise. La jeunesse s’adapte rapidement aux changements radicaux du monde, notamment à l’avènement de l’ère de l’intelligence artificielle.

Le grand Abaï écrivait que la raison, le savoir, des parents et amis dignes, ainsi que des mentors avisés forgent les meilleures qualités de l’homme. En tant que Chef de l’État, je souhaite compléter ces paroles. Dans un pays civilisé et progressiste, les lois doivent être justes, le pouvoir compétent et les citoyens conscients et actifs.

L’importance de chaque décision de l’État, prise avant tout pour améliorer la vie des citoyens, stabiliser l’économie et assurer la justice sociale, doit être mesurée par des actions concrètes. C’est ainsi seulement que notre État acquerra un nouveau visage et deviendra fort.

Grâce à des réformes profondes et globales, le Kazakhstan entre résolument sur la voie du progrès. Un travail acharné nous attend. Nous devons avancer seulement vers l’avant, sans dévier de la voie choisie.

Mes chers compatriotes,

Aujourd’hui, je souhaite partager mes réflexions sur une nouvelle réforme politique, qui aura un impact positif majeur sur le développement socio-économique futur de notre pays à l’ère de l’intelligence artificielle.

Il s’agit de la réforme parlementaire. Cette réforme du plus haut organe représentatif sera le prolongement logique de toutes les transformations précédentes, y compris la réforme de l’institution présidentielle.

Nous avons choisi une voie. Construire un Kazakhstan juste, établir un dialogue ouvert et sincère entre les autorités et les citoyens, dans l’esprit d’un «État à l’écoute».

Lors du référendum national de juin 2022, une écrasante majorité de citoyens a soutenu la stratégie de modernisation globale de l’État, fondée sur le concept «un Président fort – un Parlement influent – un Gouvernement responsable».

Les événements des dernières années, au Kazakhstan et au-delà de ses frontières, ont démontré la justesse de cette voie. Mais il est impossible de rester immobile, il faut penser à l’avenir du pays et aux générations futures.

En début d’année, dans une longue interview accordée au journal «Ana tili», j’ai déclaré que les réformes constituent un processus permanent et qu’elles seront élaborées en fonction des demandes réelles de la société.

Dans notre pays, la question de la réforme parlementaire est débattue ouvertement et en coulisses depuis au moins deux décennies – ce n’est un secret pour personne. Cette question est toujours d’actualité. Par conséquent, compte tenu du développement de notre système d’État et du niveau accru de culture politique des citoyens, je considère possible de soumettre cette question extrêmement importante à la discussion populaire.

Le Sénat, en tant que chambre haute du Parlement du Kazakhstan, a été créé en 1995, dans un contexte politique complexe et instable, alors que notre pays commençait seulement son difficile chemin vers la construction des fondations étatiques. Au cours des trente dernières années, le Sénat a rempli avec honneur et efficacité sa mission historique essentielle. Garantir la stabilité de la construction de l’État. La chambre haute a été et demeure un mécanisme et un garant essentiels du processus législatif et d’autres réformes clés.

J’ai moi-même eu l’honneur de présider le Sénat pendant dix ans, considérant toujours ce rôle comme un immense honneur et une grande responsabilité. C’est pourquoi il m’est difficile, depuis cette tribune, d’aborder la question de la réforme parlementaire. Néanmoins, c’est aujourd’hui que je souhaite proposer la création, dans un avenir proche, d’un Parlement monocaméral dans notre pays.

Je tiens à préciser d’emblée qu’il s’agit d’une question très sérieuse, et qu’il est absolument inapproprié de se précipiter dans sa résolution. Cette réforme doit faire l’objet d’un examen approfondi dans la société civile, le milieu d’experts et, bien entendu, le Parlement actuel.

Je pense que, compte tenu de la nature exceptionnelle de cette réforme, le débat durera au moins un an. Ensuite, en 2027, un référendum national pourrait être organisé, suivi de modifications nécessaires à la Constitution.

J’ai déjà affirmé à plusieurs reprises que toutes les questions cruciales pour l’avenir de l’État seront résolues uniquement avec l’accord du peuple. Si nous parvenons tous à une décision commune quant à la nécessité d’un Parlement monocaméral, ce Parlement devra, à mon avis, être élu uniquement sur la base de listes de partis. Cela correspondra aux traditions parlementaires largement répandues dans le monde.

Ainsi, l’actuelle composition de la Majilis pourra continuer sereinement le travail législatif pratiquement jusqu’à la fin de son mandat. Et le Sénat poursuivra ses activités jusqu’à l’organisation du référendum national et la tenue des nouvelles élections parlementaires.

De leur côté, les partis politiques disposeront de temps pour se préparer à une compétition électorale sérieuse. J’espère que les députés actuels, en tant que véritables hommes d’État, aborderont cette question avec responsabilité et compréhension. Au final, toutes nos réformes politiques deviendront une composante intégrale d’un système institutionnel unifié.

Bien sûr, une question légitime peut se poser. Pourquoi le Président annonce-t-il si tôt la nécessité d’une réforme parlementaire, alors que, selon les technologies politiques, de telles mesures sont généralement prises à l’improviste ?

Mais je l’ai déjà dit et je le répète. Je considère que lorsqu’il s’agit du destin du pays et de son peuple, il faut suivre une politique ouverte. une réforme d’une telle ampleur ne peut être tenue secrète vis-à-vis de la société.

Je suis convaincu que, sur des questions d’une telle importance historique, il est nécessaire de mener un dialogue transparent avec le peuple. Ce n’est qu’alors que, par des efforts conjoints, nous progresserons sur la voie de la construction d’un Kazakhstan Juste et Fort.

Je souhaite prospérité et succès à chacun d’entre vous.

Que notre Kazakhstan demeure éternel.